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Elle a peur d’accoucher au Maroc

Marie Aumont
Courtoisie Marie Aumont et Hamza Afki

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Une Gatinoise enceinte de six mois craint ne pas pouvoir revenir au pays à temps pour accoucher de son premier enfant, alors que les frontières du Maroc sont fermées depuis dimanche.  

« Je ne suis pas préparée à accoucher ici. Je n’ai rien pour mon bébé. Tout est chez-moi. Ce n’était vraiment pas dans mes plans. Ça fait trois jours que je pleure », souffle Marie Aumont.  

La femme de 28 ans a quitté l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal en direction du Maroc, le 16 février dernier. Heureuse d'aller passer un mois auprès de son mari marocain, elle ne pensait jamais que son voyage terminerait dans le stress et la peur. Ce dernier est en attente de finaliser son statut pour vivre avec elle au Québec.  

Moment idéal  

Elle avait profité du deuxième trimestre de sa grossesse pour aller visiter le papa de son futur enfant. Mme Aumont savait que plusieurs compagnies aériennes refusaient des femmes enceintes de plus de sept ou huit mois de grossesse. Enceinte de cinq mois, elle se sentait en sécurité.  

Or, un mois plus tard, le coronavirus s’est propagé rapidement à l’échelle mondiale.  

Afin de circonscrire le virus., les autorités marocaines ont fermé les frontières quatre jours avant son retour au pays prévu pour mercredi.  

«C’est sûr que je n’en veux pas au Maroc d’avoir fermé ses frontières, le virus se propage vraiment vite. Ce que je ne comprends pas c’est qu’on ferme pour revenir au Canada. Pour accueillir des touristes je comprends, mais pour quitter... C’est un peu égoïste de leur part », se désole-t-elle.  

Inquiétude  

Enceinte de 27 semaines, elle craint ne pas pouvoir accoucher à Gatineau. Dans environ 14 jours, elle débutera son dernier trimestre. Selon elle, plusieurs compagnies aériennes n’accepteront pas qu’elle monte à bord, en raison des risques de complications.  

« Je suis stressée et très anxieuse », lance celle qui devait revenir à Montréal avec Royal Air Maroc.  

 

Marie Aumont
Courtoisie Marie Aumont et Hamza Afki

 

D’ici quelques jours, elle était censée se soumettre à un test de dépistage de diabète de grossesse dans un hôpital de Gatineau. Elle sera vraisemblablement toujours en Afrique.  

Même l'ambassade canadienne au Maroc est incapable de répondre à ses questions et ne peut l'aider dans ses démarche pour l'instant. La seule option qui pourrait être possible, c'est de transiter par l'Europe. Même si ce n'est pas l'idéal en raison des risque d’attraper la maladie en pleine grossesse, elle ne peut même pas y penser en raison des prix excessifs des billets.  

« Les frais des billets sont rendus tellement chers. Je n’ai pas cet argent. J’ai vu un billet à 5000$. Ce sont des coûts exorbitants je n’ai jamais vu ça. C'est un problème pour plusieurs Canadiens pris ici », ajoute la femme de 28 ans.  

Mme Aumont souhaite recevoir des nouvelles du Fédéral bientôt. « Il n'y a aucune procédure encore. On n'a aucune nouvelle », déplore-t-elle.