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«Nous sommes en guerre!»

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C’est ce que le président français Emmanuel Macron a martelé hier lors de son appel à la nation.  

Et c’est ce que Bill Gates répète depuis de nombreuses années.  

« NOUS NE SOMMES PAS PRÊTS » 

Vous vous demandez ce que Bill Gates vient faire dans cette histoire ? 

Le fondateur de Microsoft ne s’intéresse pas qu’aux ordinateurs. Il s’intéresse aussi aux virus et aux pandémies. 

Au fil des ans, celui qui fut longtemps l’homme le plus riche de la planète a investi, par le truchement de sa fondation, des sommes colossales dans la lutte aux virus, et son combat l’a amené à côtoyer les plus grands épidémiologistes au monde.  

En mars 2015, Gates a prononcé une conférence pour TED, cet organisme qui met en ligne des conférences de 10 minutes sur toutes sortes de sujets. 

La sienne s’intitulait « La prochaine épidémie ? Nous ne sommes pas prêts. » 

En voici des extraits. 

« Quand j’étais petit, la catastrophe dont nous avions le plus peur était un conflit nucléaire. Mais si quelque chose tue plus de 10 millions de personnes dans les prochaines décennies, ce sera plus un virus hautement plus contagieux qu’une guerre.  

« Nous avons beaucoup investi dans la dissuasion nucléaire, et très peu dans un système pour endiguer les épidémies. Nous ne sommes pas prêts.  

« Imaginez un virus avec lequel les gens infectés se sentiraient suffisamment en forme pour prendre l’avion ou aller au supermarché. Ou un virus capable de se propager dans l’air. Les dégâts seraient épouvantables.  

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« Il n’y a pas lieu de paniquer. Mais nous devons nous y mettre. »  

UNE ARMÉE INVISIBLE 

Comme vous le savez, une personne peut être infectée par la Covid-19 et ne présenter aucun symptôme. 

Et le virus peut survivre trois heures en suspension dans l’air. 

Bref, les prédictions de Gates sont maintenant réalité. 

Non seulement sommes-nous en guerre contre une armée invisible et implacable, mais quoi qu’en disent les autorités, nous ne sommes pas prêts.  

Ni techniquement (dans le meilleur des cas, il nous faudrait un million de ventilateurs mécaniques au Canada alors que nous n’en avons que 5000) ni dans nos têtes.  

Vous avez vu des images de la France, ces derniers jours ? Il y avait plein de gens dans les espaces publics ! 

Et vous avez vu le reportage de TVA Nouvelles à l’aéroport Trudeau ? 

Des Québécois revenant de l’étranger disaient ne pas prévoir se mettre en isolement, car « la crise était exagérée ».  

MOI ET MON NOMBRIL 

Lorsqu’on est en guerre, il faut faire des sacrifices. Cesser de brandir nos sacro-saints droits individuels afin de penser au bien-être collectif. 

À l’heure du selfie obligatoire et du communautarisme tous azimuts (les femmes, les Noirs, les gais, les nains, les gros – un paquet de lobbys tirant chacun la couverture de son bord), sommes-nous capables de faire ça ?  

Mettre notre ego en veilleuse ?  

Imposer volontairement un frein à nos désirs ? 

Regardez notre premier ministre fédéral : il a creusé un déficit record alors que l’économie se portait super bien ! 

Alors que c’est maintenant qu’on a besoin de fonds !  

Il n’a pas profité des années de vaches grasses pour économiser de l’argent en prévision des mauvais jours, non.  

Il nous a endettés ! Pour acheter des votes ! 

Vous pensez que c’est prudent ? Altruiste ? 

Édito de Richard Martineau