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50 milliards de liquide dans l’économie

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Photo d'archives, Agence QMI

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La pandémie rend la situation économique si critique qu’Ottawa a mis de côté 50 milliards de dollars pour ressusciter un programme d’aide aux banques datant de la crise de 2008, sans tambour ni trompette.   

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Lundi, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a discrètement annoncé qu’elle compte racheter des dizaines de milliards de dollars en prêts hypothécaires.       

La mesure fédérale, confirmée mercredi par Ottawa, est calquée sur le Programme d’achat de prêts hypothécaires assurés (PAPHA) lancé il y a 12 ans.       

« Le gouvernement veut à tout prix éviter une crise financière comme celle de 2008 », explique Jimmy Jean, économiste principal chez Desjardins.       

Concrètement, l’organisme fédéral remboursera d’avance aux institutions financières une partie des prêts qu’elles accordent à leurs clients, soit les acheteurs de propriétés canadiens.       

Rien n’y paraîtra pour les propriétaires : les caisses et les banques continueront d’encaisser leurs chèques, comme avant. Des milliards de dollars atterriront toutefois dans leurs coffres, et elles voudront prêter tout ce liquide pour le faire fructifier.       

Le gouvernement veut ainsi s’assurer que les caisses et les banques continuent de financer les entreprises et les consommateurs.       

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« Compte tenu des conditions actuelles sur les marchés en raison de la volatilité causée par la COVID-19, le PAPHA constituera une source fiable de financement nécessaire pour les institutions financières canadiennes », dit une porte-parole de la SCHL, Audrey-Anne Coulombe.       

Le programme ne coûtera rien au gouvernement, puisqu’il fera un profit en encaissant les intérêts sur les hypothèques.       

Le spectre de 2008   

Il y a 12 ans pendant la crise financière, Ottawa avait mis 130 milliards de dollars de côté pour ce programme. Il en avait finalement utilisé moins de 70 milliards.       

« Si y a une récession ou un ralentissement important, ça touche le secteur privé. Les ménages vont arrêter de dépenser, dit Jimmy Jean. Ce qu’il ne faut pas, c’est que ça se traduise par un choc au système financier.       

Aux quatre coins du globe, les gouvernements ont le même message : restez chez vous, pas de sorties inutiles au centre commercial, n’allez pas au restaurant... Pendant ce temps, les entreprises retiennent leur souffle et survivent sur leur marge de crédit.       

Les milliards de la SCHL, associés à d’autres mesures qu’ont prises les gouvernements, visent à s’assurer que personne n’en manque, de crédit.       

Jimmy Jean se fait toutefois rassurant. « Si on n’a pas eu de reprise économique à la fin de l’année, ça peut commencer à être dangereux, mais dans l’immédiat, ce n’est pas quelque chose qui nous inquiète, étant donné les mesures pour aider les travailleurs. »       

Selon lui, les autorités doivent tout faire pour éviter une crise « de second tour » : manque de liquide, baisse de la confiance, et un taux de chômage qui s’emballe.