/misc
Navigation

Conspirationnistes et COVID-19: la désinformation continue aux États-Unis

Conspirationnistes et COVID-19: la désinformation continue aux États-Unis

Coup d'oeil sur cet article

Alors que les autorités américaines commencent à réagir plus vigoureusement et que l'on contrôle de mieux en mieux le message à transmettre à la population, certaines personnalités médiatiques atténuent toujours la sévérité de la situation ou, bien pire, entretiennent encore des théories conspirationnistes. Dans certains cas, nous sommes à la limite d’un comportement criminel. 

La confiance dans les autorités scientifiques et politiques est-elle à ce point vacillante pour que certains Américains se tournent vers des menteurs ou des charlatans pour valider leurs appréhensions? Il y a unanimité au sein de la communauté scientifique: nous n’étions pas préparés à une telle pandémie et l’isolement social constitue le meilleur moyen d’aplatir la courbe et de permettre à notre système de santé d’absorber un nombre accru de patients. 

C’est l’édition de ce matin du New York Times qui sonne l’alerte et identifie quelques fauteurs de trouble qui se comportent de manière irresponsable. Alors qu’on peine encore à faire comprendre à l’ensemble de la population qu’il faut lutter ensemble en appliquant scrupuleusement les consignes, il est parfois difficile de garder son calme en écoutant certains discours. 

Parmi ces communicateurs qui vont à l’encontre de la sagesse la plus élémentaire, on retrouve le Dr Drew Pinsky. Celui qui est aussi comédien n’en est pas à sa première controverse. C’est à lui qu’on doit la rumeur propagée pendant la campagne 2016 qui prétendait qu’Hillary Clinton était gravement malade.  

Récemment, Pinsky a carrément laissé entendre que la COVID-19 pouvait être dommageable pour les gens âgés ou vulnérables, mais que tout le monde devrait continuer à gérer ses affaires quotidiennes sans modifier son comportement. Pourtant, les renseignements de la santé publique affirment le contraire et nous assistons déjà à des cas de gens jeunes et sans antécédents qui ont été sévèrement touchés ou qui en sont décédés.  

Avant-hier, j’écrivais déjà sur les élucubrations de la vedette de Fox New Sean Hannity. Ardent défenseur du président, il atténue encore la portée du virus et remet en question les statistiques liées au taux de mortalité. Quand on sait que l’auditoire de Fox News est plus âgé et que ce réseau est souvent le seul qu’écoutent ses auditeurs, le comportement de cet animateur est répréhensible. Pas plus tard que lundi soir, il criait toujours au complot démocrate. Vraiment? Il faut être démocrate pour étudier en médecine, entrer dans une faculté de sciences ou gérer les services de santé? Idiot et décourageant... 

Autre personnalité peu fiable dont on peut douter des sources d’information: Jerry Falwell Jr. L’avocat est administrateur de la Liberty University. Fondée par son père, l’université enseigne toujours le créationnisme et considère la Bible comme un livre de sciences naturelles. La reconnaissance de certains des diplômes de l’institution est faible et ses coûts sont considérés comme exorbitants (plus de 125 000$ américains pour un baccalauréat). Elle demeure cependant très populaire et il faut éviter de condamner systématiquement tous ses professeurs et tous ses programmes. 

Que pense Falwell de la pandémie? Il s’agit d’un complot nord-coréen. La Corée du Nord et la Chine ont travaillé de concert pour faire pénétrer le virus aux États-Unis. Pas un mot de la situation en Chine, en Iran, en Italie, ou dans le reste du monde... 

Dernière mention déshonorable pour l’ancien candidat à la présidence Ron Paul. L’ancien représentant républicain du Texas, lui aussi médecin, affirme qu’il s’agit d’un complot, d’un canular. Les responsables? Le gouvernement! À quelle fin? Il ne s’en embarrasse pas, puisque de toute manière il faut systématiquement se méfier du gouvernement.  

Si vous observez l’évolution de la situation en fréquentant des sources fiables, vous constaterez rapidement qu’il n’y a ni complot ni exagération. Ce qui m’inquiète, c’est que des illuminés ou des irresponsables constituent parfois la première source d’information de certains auditeurs. Si ces auditeurs ne prennent pas toujours tous leurs commentaires au sérieux, ils se laissent parfois gagner par le doute et baissent leur garde. 

Bien loin de moi l’idée d’encourager la pensée unique ou l’absence de nuances dans l’analyse, mais en temps de crise, la qualité des sources d’information est primordiale. Il en va de notre sécurité à tous et à toutes. 

Si l'article du New York Times vous intéresse, vous cliquez ici.