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Coronavirus : parents séparés, entendez-vous

Agissez en adultes!

Coronavirus : parents séparés, entendez-vous
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Depuis le début de la crise du Coronavirus, j'ai une pensée spéciale pour les parents séparés. Je pense à ceux qui sont en conflit et pour qui tout contact est fait d'agressivité et de déchirements.  

Je songe aux pères et aux mères qui ne «s'entendent» pas sur la marche à suivre par rapport aux règles de confinement (oui, il y a encore du monde qui trouve qu'on exagère pis qui se promène partout comme si rien n’était) et à l'inquiétude qui doit forcément s'en suivre. 

 

Des parents ne sont pas capables de mettre leur conflit de côté  

Sur les réseaux sociaux, les témoignages pullulent. Des parents refusent de «redonner» leurs enfants à leur ex-conjoint malgré que ce soit leur tour de garde. D’autres font garder leurs petits par n’importe qui et considèrent que ce n’est pas des affaires de l’autre partie puisque c’est LEUR semaine. Et il y a ceux qui, parce que c'est leur temps de garde, préfèrent confier leurs enfants à des étrangers plutôt que de les ramener à l’autre parent.  

J’ai lu des dizaines de témoignages de pères et de mères complètement catastrophés parce que leurs ex-conjoints-es ne prennent pas la situation au sérieux et ne suivent pas les règles de confinement exigées par le gouvernement.   

Et le pire là-dedans, c’est qu’advenant le fait où il y a un jugement de garde, vous ne pourrez pas faire grand-chose si, selon vous, le comportement de l’autre compromet la santé physique de votre progéniture. Il est en effet rare que la police intervienne dans ce type de cas, m’a expliqué maitre Sharon Otis, spécialiste du droit familial. 

Autrement dit, le seul moyen d’empêcher l’autre de faire valoir son droit de garde si vous avez un jugement, c’est de vous adresser à un juge. Sauf que la Cour du Québec, et c’est un euphémisme de le dire, fonctionne au ralenti en ce moment. On a donc tout intérêt à mettre ses guéguerres de côté et à agir en adultes responsables puisqu’on entendra seulement les causes les plus urgentes, c’est-à-dire les cas où la sécurité des enfants est compromise.  

 

Agissez en adultes! 

Je suis inquiète pour les petits et les plus grands qui sont pris dans des situations aliénantes, où leurs parents ne sont pas capables de mettre de côté leur ressentiment pour le bien commun.  

En cette période où la situation change rapidement, je nous souhaite à tous de l'empathie et de la compassion. Entendons-nous entre co-parents.  

Plus que jamais auparavant, c'est important de se serrer les coudes et de se rappeler que, même si nous ne formons plus une famille nucléaire, nous sommes toujours une famille. Une famille différente, mais une famille quand même.