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COVID-19: Des chauffeurs de taxi angoissés, mais fidèles au poste

«C’est sûr que, personnellement, j’essaie de voir si les personnes qui embarquent ont des symptômes un petit peu. J’ai toujours avec moi quelques protections», explique Brahim M’rabet, chauffeur de taxi de 66 ans, à Québec.
«C’est sûr que, personnellement, j’essaie de voir si les personnes qui embarquent ont des symptômes un petit peu. J’ai toujours avec moi quelques protections», explique Brahim M’rabet, chauffeur de taxi de 66 ans, à Québec. photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS


Même s’ils ont peur du coronavirus et que leur chiffre d’affaires est en chute libre, des chauffeurs de taxi dévoués continuent de sillonner les rues de Québec pour offrir ce qu’ils considèrent être un service essentiel. 

«Bien sûr que je suis inquiet, comme tout le monde», s’exclame Zlatko Vukovic, 54 ans, devant l’aéroport de Québec, où une poignée de voitures attendent des clients. 

Ces derniers arrivent au compte-gouttes, au passage du Journal mercredi matin. Alors que le trafic aérien est paralysé, et que le télétravail est encouragé, l’achalandage a fondu dans les taxis. 

Mardi, M. Vukovic affirme n’avoir gagné que 40$ pour une journée de travail de 9 h. «Quand je mets le gaz, il ne reste pas grand-chose», lance-t-il. 

«Ici, à l’aéroport, on récupère des gens qui reviennent de voyage. Ils sont tous un facteur de risque énorme. Ils ne le savent pas. J’ai eu du monde de l’Équateur, du Pérou, de l’Allemagne, de partout», énumère-t-il. 

Oubliés 

Le père de famille admet qu’il préférerait rester à la maison en raison de la pandémie de la COVID-19. Il continue de travailler pour gagner sa vie et parce que certains clients ont besoin de lui. 

«Il faut amener à l’hôpital les personnes âgées qui ne peuvent y aller seules. On est un service essentiel, carrément, mais nous sommes oubliés», pense-t-il. 

Comme lui, Brahim M’rabet essaie de se laver les mains souvent et ne lésine pas sur la propreté. Armé de produits désinfectants, l’homme de 66 ans s’efforce de nettoyer les poignées et les bancs après le passage de chaque client. 

M. M’rabet a aussi déniché des gants qu’il utilise pour porter les bagages des voyageurs et quelques masques dont il se sert s’il rencontre une personne manifestement malade. 

«J’ai tous les produits nécessaires», assure-t-il. 

De l’inquiétude 

«C’est sûr que, personnellement, j’essaie de voir si les personnes qui embarquent ont des symptômes un petit peu. J’ai toujours avec moi quelques protections», explique Brahim M’rabet, chauffeur de taxi de 66 ans, à Québec.
Salim Znaidi montre sa routine après chaque client. Avec un produit désinfectant, il essaie de nettoyer les portes et les endroits stratégiques à l’intérieur de sa voiture de taxi. PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

«C’est sûr qu’il y a de l’inquiétude, c’est normal, mais jusqu’à maintenant, les gens sont vraiment responsables», témoigne de son côté Salim Znaidi, 40 ans. 

Dans sa voiture, tout le monde sans exception doit s’asseoir à l’arrière, et le paiement sans contact est privilégié. Lui aussi passe derrière chaque passager avec un linge et un produit nettoyant. 

«Il y a une très grande baisse de la clientèle, mais tu te dis qu’il faut sortir quand même, donner le service aux gens. Sinon, qui va les ramener?», demande le père d’un garçon de six ans. 

«On travaille, on fait de notre mieux, parce c’est notre seul gagne-pain et tu n’as pas le choix», ajoute-t-il. 

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