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Monsieur Lucas, conférencier

Pesée officielle Butler c Reyes
Photo Pierre-Paul Poulin

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On est mercredi. Quand vous allez lire ce texte, il y aura à peine une semaine de passée depuis ma rencontre avec Éric Lucas.  

C’était mercredi midi. Au Casino de Montréal. Lors de la pesée pour le gala du 12 mars d’Eye of the Tiger Management.  

Éric Lucas avait tellement l’air bien qu’après son passage en direct aux Partants, je me suis permis une bonne jase. D’abord qu’il m’explique comment il s’y était pris pour perdre tout ce poids. Il avait l’air d’un bon mi-lourd de 175 livres en forme.  

« Ce n’est pas un miracle. J’ai modifié mon alimentation. Plus de cochonneries, plus de sucre. Avec un peu d’exercice, ça donne des résultats », de répondre Lucas. 

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu Lucas avec cet air enjoué et des pommettes saillantes. Il le reconnaît, il a traversé quelques années moins joyeuses, un peu trop arrosées.  

Monsieur Lucas, champion du monde 

Mais ces jours sont derrière lui. Sa fille de 16 ans, qui a été très malade, a retrouvé la santé. Et je pense que ç’a aidé le père à retrouver le sourire. 

Et puis, l’ancien champion du monde est devenu camionneur au long parcours. La Californie, l’Arizona, le Texas au volant d’un gros camion et de sa cargaison, avec de la musique et de la solitude, ça aide à se refaire un moral d’acier. 

Lucas assistait à la pesée parce qu’il désirait retrouver son univers de la boxe. Il avait déjà parlé avec Camille Estephan et les deux hommes devaient se reprendre plus tard dans la journée. Évidemment, avec la catastrophe provoquée par le coronavirus, l’annulation du gala du 12 mars, le rendez-vous a été retardé. Des fois, on dirait que Lucas est juste malchanceux... 

C’est vrai. Son titre de champion du monde, il ne l’a pas perdu, on le lui a volé en Allemagne. À ce jour, il est impossible de revoir ce combat contre Markus Bayer et de déclarer ce dernier vainqueur par décision. Super rapide, vitesse normale, ralenti ou super slow mo, Éric Lucas est toujours le gagnant. 

Monsieur Lucas, le sauveur 

De toute façon, ce titre, il ne devait pas le gagner. Celui qu’Yvon Michel avait recruté pour en faire son champion, c’était Stéphane Ouellet. Le jab en mitraille, c’était Ouellet, le charisme, le punch, la vitesse, c’était Ouellet. Éric Lucas était l’ami travailleur et consciencieux. 

– « Des fois, t’es trop humble. T’as été champion du monde WBC en passant le knock-out à Glenn Catley, c’était pas un accident.  

– « Je sais. Mais j’ai toujours été du genre à pas chercher la gloire. 

– « Réalises-tu que t’as été le premier champion des années 2000 ? Que t’es celui qui a donné le grand coup pour lancer la boxe à un nouveau plateau ? 

– « Quand je m’arrête pour y penser, je le sais. D’ailleurs, M. Raynald Brière, qui était président de TVA, m’avait dit que j’étais le premier à attirer plus d’un million et demi de téléspectateurs pour un match de boxe », répond Lucas. Toujours trop humble. 

Il a raison. Le soir, sur la route à l’heure du dessert, Raynald aime rappeler que Lucas avait collé 1,6 million de téléspectateurs à 17 heures, un samedi après-midi à TVA. Et que c’est là que les diffuseurs ont réalisé que la boxe locale pouvait avoir un impact extraordinaire. 

Il y avait eu les frères Hilton avant lui. Matthew et Davey fils. D’ailleurs, Davey avait gagné la ceinture le 15 décembre 2000. Le WBC la lui avait enlevée à cause d’accusations pour avoir eu un comportement sexuel inapproprié avec une mineure. 

C’est un peu pour tout ça qu’Éric Lucas avait été perçu comme un sauveur et une bouffée d’air pur dans la boxe. 

Monsieur Lucas à la rencontre des gens 

Éric Lucas revient donc dans le monde de la boxe. Mais il revient surtout dans le monde du grand public. Une agence l’a repéré et l’a aidé à préparer une conférence pour aller rencontrer des groupes au Québec. 

« J’espère rencontrer une vingtaine de groupes par année. Ça me passionne et même si je suis plutôt timide, j’ai beaucoup à dire », insiste-t-il. 

Évidemment que le jeudi noir a tout bouleversé. Mais la vie va reprendre ses droits et les gens auront encore plus envie d’écouter l’histoire d’un champion du monde. 

Quant à Camille Estephan, pas plus tard qu’hier, il répétait qu’Eye of the Tiger Management irait de l’avant avec Éric. 

« La boxe a besoin d’un champion et d’une personne comme Éric Lucas », a-t-il dit. 

DANS LE CALEPIN – Puisque le coronavirus ne bouffe pas toute la vie, Camille Estephan a confirmé que EOTTM et Lexson Mathieu avait signé une entente de plusieurs années. Un contrat américain d’au moins cinq ans. 

Paul Wilson à la présidence !!! 

Je regarde le richissime Groupe CH traiter ses employés réguliers, j’en apprends chaque semaine sur la façon dont ça se passe à l’interne, je vois bien que Paul Wilson doit se dépatouiller à bien faire paraître les décisions « cheapettes » dans des conditions débiles...  

Puis je me rappelle que le grand Paul est le fils de Larry, président du Parti libéral, ami de Petr Svoboda et des fils de Serge Savard, qu’il est un ancien du Grand Prix du Canada avec Normand Legault, qu’il a été l’homme fort de National, qu’il est toujours au batte pour sauver le cul du CH... 

Et j’en conclus qu’il devrait être nommé président du Canadien !!!