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«On se sent vraiment abandonnés»

Coronavirus - covid-19
Photo courtoisie Maryse Lebrun, Mahdi Ainnasse (conjoint) Aya Ainnasse (fille) et Rayan Ainnasse (fils) au tout début de leur voyage à la fin février 2020 alors qu'ils étaient à Marrakech, au Maroc.

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Une mère de famille de Lévis coincée au Maroc se sent délaissée par le Canada et ne voit pas le jour où sa famille pourra revenir au pays. 

« Autant j’étais fière de dire que j’étais Canadienne quand je venais au Maroc, maintenant j’en ai honte. On se sent vraiment abandonnés », lance Maryse Lebrun. 

L’agente de soins de santé de 44 ans est au Maroc avec son mari et ses deux enfants depuis le 26 février. Leur retour était prévu pour vendredi le 20 mars. 

Or, comme des centaines de Canadiens, ils sont coincés au Maroc, à Casablanca plus précisément, alors que le pays a fermé ses frontières samedi soir dernier. 

Prévenir 

Mme Lebrun se doutait que les frontières fermeraient en raison du coronavirus. Quelques jours avant la fermeture, elle affirme avoir tenté via son agente de voyage et par sa compagnie aérienne Royal Air Maroc de trouver des billets de retour. 

Il était déjà trop tard. 

« Lorsque les frontières ont fermé, il n’y avait déjà plus rien à faire et le prix des billets commençaient à être exorbitants », explique-t-elle. 

À ce jour, la dame de 44 ans voit des billets de retour à 5000$ l’unité, incluant des escales dans des pays d’Europe, sans avoir la certitude que d’autres frontières ne fermeront pas pendant leur voyage de retour. 

« Je ne peux pas m’endetter de 20 000$ pour des billets d’avion. Ce que nous avons besoin c’est d’un vol direct. Il me semble que ce serait simple d’envoyer des vols pour rapatrier les Canadiens. On se sent vraiment délaissés », ajoute la mère de famille qui refuse de voyager en Europe avec ses enfants. 

Salubrité 

Elle se considère quand même chanceuse de pouvoir vivre sous un toit entourée de personnes aimantes. 

Mais, elle ne peut cesser de penser à la santé des siens. 

«J’ai pleuré de découragement de frustration. J’ai beau être en famille ici, je ne suis pas chez nous. Tant que personne n’est malade ça ira, mais s’il fallait que quelqu’un tombe malade ici, je n’ose même pas y penser », s’inquiète Mme Lebrun. 

Elle espère que le gouvernement fédéral trouvera une solution rapide afin qu’elle puisse vivre sa quarantaine au Québec pour ensuite aller prêter main-forte dans le réseau de la santé.