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Qui vit ? Qui meurt ?

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Quand j’étais jeune, dans mes cours de morale, on jouait au radeau.

Vous connaissez ?

Après le naufrage d’un navire, six personnes s’accrochent à un radeau.

Un curé, une vieille, une femme enceinte, un bandit, un enfant, un handicapé grave. 

Le hic est que ce radeau ne peut accueillir que quatre personnes.

On doit donc en sacrifier deux.

Qui ?

BYE BYE MÉMÉ !

Ça donnait chaque fois des débats passionnés. 

Seul choix qui ne portait pas à discussion : la vieille.

Elle, tout le monde la jetait par-dessus bord. 

Après tout, elle avait fait sa vie.

Bye bye, mémé ! 

Eh bien, l’Europe se retrouve maintenant à jouer au radeau. Mais pour de vrai. 

Voyez cet extrait du Figaro...

« Dans la région Grand Est, les hôpitaux sont déjà sous l’eau. La quasi-totalité des lits en réanimation est occupée par des malades désormais appelés “Covid plus”.

« Et déjà, l’impensable se produit : il faut “trier” les patients.

“Choisir de ne pas réanimer quelqu’un pour que quelqu’un d’autre qui aurait plus de chances de s’en sortir puisse en profiter”, témoignait dimanche un médecin réanimateur de l’hôpital de Metz.

La même situation que connaît déjà l’Italie et que connaîtront sans doute de nombreux pays. “Il est illusoire de penser que nous ferons mieux que nos voisins”, estime un anesthésiste-réanimateur qui souhaite garder l’anonymat... »

L’Italie et la France sont rendues là.

Bientôt, ce sera l’Espagne. 

Quand tu manques d’équipement et de personnel, tu n’as pas le choix.

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Tu dois choisir qui tu soigneras et qui tu laisseras à son triste sort. 

Tu ne peux pas soigner tout le monde. 

UNE DISCRIMINATION ACCEPTABLE

De dire Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale français : « Nos aînés en sont désormais informés : ce sont notamment des critères d’âge qui déterminent en Italie le choix inévitable entre ceux que l’on réanime ou ceux que les médecins renoncent à réanimer faute de dispositifs suffisants ».

Imaginez si on se basait sur la race, l’orientation sexuelle ou les croyances d’une personne pour prendre ce genre de décision !

« Tu es une fille ? On te sauve. Tu es un garçon ? Bonne chance, fais ta prière... »

Tout le monde déchirerait sa chemise, et avec raison !

Mais quand on prend l’âge comme critère de sélection, ça passe.

Faut croire que certaines discriminations sont plus acceptables que d’autres. 

Pourtant...

Comme le rappelle Philippe Clay dans sa fameuse chanson La quarantaine : Louis Pasteur a découvert son vaccin contre la rage à 63 ans et Victor Hugo a écrit Les misérables à 60 ans. 

Quel âge avait Churchill en 1940, quand il a convaincu le Parlement anglais de combattre Hitler ? Soixante-six ans. 

Quel âge avait Frank Lloyd Wright quand il a dessiné le musée Guggenheim à New York ? Quatre-vingt-neuf ans.

Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on ne tient pas à la vie ou que notre vie a moins de valeur.

JEU DE HASARD

Il y a des vieux sages et de jeunes crapules. Des octogénaires adorés et des adolescents détestables. 

Je me souviens, mon prof de morale m’avait dit qu’il n’y avait qu’une seule façon juste de prendre une décision aussi importante.

En jouant à pile ou face. 

Espérons que nous n’aurons jamais à faire de tels choix...