/news/coronavirus
Navigation

COVID-19: plusieurs aînés refusent de s'isoler

Coup d'oeil sur cet article

Malgré la recommandation du gouvernement du Québec qui demande aux personnes de 70 ans et plus de rester à la maison, sauf en cas d’absolue nécessité, plusieurs d’entre elles ne suivent pas cette consigne. Le Journal a rencontré quelques aînés dans des centres commerciaux de Québec, mercredi. Voici ce qu’ils avaient à dire.  

• À lire aussi: [EN DIRECT 19 MARS] Les derniers développements de la pandémie COVID-19

• À lire aussi: COVID-19: contacts limités entre Legault et Guilbault

• À lire aussi: Coronavirus: Ottawa débloque 82 milliards $

Incapable de prendre une pause  

Photo Jean-François Desgagnés

Jean-Roch Ferland arpentait les allées quasi désertes des Promenades Beauport, hier, pour se dégourdir les jambes. Très actif, malgré ses 82 ans, il dit être incapable de s’arrêter.    

«J’ai toujours eu deux jobs, je n’ai jamais arrêté. Je jouais aux quilles deux fois par semaine. Là, je me demande quoi faire. C’est dur de m’attacher. Je ne suis pas capable de m’asseoir devant la télé, avec tout ce qui se passe. Il n’y a plus de sports, il y a juste des reprises. Il faut que je fasse de l’exercice», a-t-il insisté, assurant néanmoins limiter les contacts et ne prendre aucun risque inutile.    

«La consigne, je suis d’accord, mais à un moment donné, il y a une limite. C’est fou raide. C’est sûr qu’il faut faire attention, il faut se laver les mains, mais si je reste chez nous et que je ne sors plus pantoute, c’est là que je vais tomber malade», a-t-il argué.   

«Il faut arrêter d’avoir peur»  

Photo Jean-François Desgagnés

Certains irréductibles, comme Ghislain Bolduc, n’ont pas l’intention d’arrêter de fréquenter les centres commerciaux malgré les consignes du gouvernement. Attablé avec deux amis, dans l’aire de restauration du centre Fleur de Lys, l’homme de 73 ans n’entend pas changer ses habitudes.  

«Moi, j’en ris. Si on a à le pogner, on va le pogner. À un moment donné, il faut arrêter d’avoir peur. On prend un café, puis on joue aux dominos tous les après-midi. Moi, il faut que je sorte. J’aime le public», lance-t-il, admettant qu’il ferait peut-être les choses différemment si les lieux étaient bondés, ce qui était loin d’être le cas, mercredi.   

L’épicerie et la pharmacie seulement  

Photo Jean-François Desgagnés

Plusieurs aînés rencontrés par Le Journal disent limiter leurs sorties exclusivement à la pharmacie et à l’épicerie. Pas question, cependant, d’avoir recours à des services de livraison à domicile ou de se faire livrer des médicaments ou de la nourriture par des proches. Ils préfèrent conserver leur autonomie.  

«On est quasiment encabanés tout le temps. Je suis devant la télévision à la journée longue. C’est long dans un condo. À un moment donné, il faut que je me sauve. Je prends une marche au moins une fois par jour», raconte Alain Lajoie, 75 ans, disant malgré tout respecter la consigne de distanciation sociale.  

«Je me tiens loin du monde. Je ne sors pas souvent. C’est désert de toute façon, on ne rencontre pas grand-monde», relativise-t-il.    

Briser l’isolement  

Photo Jean-François Desgagnés

Russell Elsliger lisait paisiblement son journal, seul, sur un banc public, mercredi, lorsque nous l’avons rencontré aux Promenades Beauport. Pour lui, il est impensable de s’isoler à la maison malgré les recommandations du gouvernement.  

«Je pense qu’il y en a qui paniquent un peu. J’ai 75 ans, puis il faut que je sorte. Moi, je ne peux pas rester entre quatre murs toute la journée, je suis seul dans la vie, puis je ne suis pas capable. Je viens surtout dans les centres d’achats», nous a-t-il confié.  

À VOIR AUSSI