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La COVID-19 achèvera les salles de cinéma

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N’en déplaise à l’impétueux Vincent Guzzo, le coronavirus clouera fort probablement le cercueil de presque toutes les salles de cinéma.

Les salles du Québec sont fermées depuis dimanche. Lundi, Cineplex a fermé ses 165 salles canadiennes. Pour l’instant, jusqu’au 2 avril. Aux États-Unis, les 549 cinémas de la chaîne Regal, propriété de Cineworld, sont fermés. Indéfiniment !

Devant pareille hécatombe, les grands patrons de Cineworld font des pieds et des mains pour que leur acquisition de Cineplex (dont j’ai parlé dans ma chronique du 10 mars) n’ait pas lieu, quoi qu’il en coûte. Cineworld doit payer 44 $ par action pour Cineplex, alors que l’action de Cineplex, qui valait 33,79 $ au moment de l’offre de Cineworld, n’en valait plus que 8,90 $, hier, à la fermeture de la Bourse de Toronto. Toute une dégringolade.

POURQUOI PAS J’ACCUSE ?

Suite à la fermeture des salles, les distributeurs du Québec n’ont pas mis de temps à réagir. Ils offrent maintenant en vidéo sur demande les films qui étaient en salle. On peut les louer sur illico, chez Bell ou sur le site Vimeo des distributeurs. Qui sait, Gaumont, qui détient les droits de distribution de J’accuse, le dernier film de Polanski, décidera peut-être d’en vendre les droits pour une chanson à un service canadien de vidéo sur demande. 

On peut déjà visionner La reine des neiges 2 de Disney sur YouTube et sur Google Play pour 4,99 $, ou gratuitement si on est abonné à Disney+. Les derniers films de Universal, comme Emma ou The Invisible Man, et ceux de Warner Bros. devraient pouvoir être loués ou achetés en ligne au Québec d’ici une dizaine de jours. 

À part la France, qui représente un cas très particulier, l’assistance continue de diminuer dans toutes les salles de cinéma, même celles qui se trouvent dans des complexes où il y a une garderie, une salle de jeux vidéo et des services VIP.

Au Canada, les revenus du box-office dépassent à peine de 30 % ceux qu’on tire des comptoirs de boissons et de friandises. Ce ne sont plus que les cinéphiles enragés qui gardent les cinémas ouverts. Seize pour cent de ces fanatiques achètent 70 % des billets d’entrée. Tous les autres amateurs de cinéma regardent les films à la maison.

LE BONHEUR DU CINÉMA À LA MAISON

Le prix des billets, qui ne cesse d’augmenter, a poussé de plus en plus de foyers à se munir de téléviseurs connectés (environ 40 %) avec des écrans surdimensionnés et une chaîne stéréophonique qui n’a guère à envier à celui de plusieurs salles de cinéma.

La fermeture des salles comme les mesures de confinement pourraient se prolonger durant plusieurs semaines, peut-être même jusqu’à l’été. Les beaux jours venus, les Québécois, qui auront passé des semaines entre quatre murs, n’iront pas s’encabaner dans une salle de cinéma. 

Ceux qui ne le connaissaient pas encore auront découvert le bonheur de regarder des films dans le confort de leur foyer, à trois ou quatre fois moins cher qu’au cinéma. Bye bye la publicité à tue-tête, les bandes-annonces qu’on a vues dix fois, le pop corn, les chips et les sièges collants !