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Un très grand besoin de policiers en santé

Des mesures d’hygiène strictes sont appliquées

Policiers de Laval masqués
Photo courtoisie Ces policières de Laval essaient leur masque N95 et leur visière de protection qu’elles devront porter en cas d’intervention auprès de gens potentiellement infectés par la COVID-19. Les véhicules de police sont aussi désinfectés à chaque quart de travail.

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Pour protéger la population, il faut protéger les troupes, et, au cours des 48 dernières heures, des mesures très restrictives ont été établies par les hauts dirigeants des trois corps policiers qui desservent la grande région de Québec.  

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Au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), aucun cas de COVID-19 n’a encore été rapporté parmi les effectifs, qui comptent 1000 policiers et membres du personnel civil.   

«Toutefois, par prévention, le Service a envoyé une soixantaine de personnes en confinement volontaire, étant donné leur retour de voyage ou encore leurs conditions médicales particulières», a fait savoir au Journal Marie-Claude Brousseau, directrice du service des communications en sécurité publique de la Ville de Québec.   

Des mesures ont rapidement été prises pour assurer les échanges entre policiers et citoyens en limitant toutefois les contacts physiques.   

Limiter les contacts  

Bien que les bureaux d’accueil des postes de police demeurent ouverts, les dirigeants du SPVQ demandent aux citoyens de privilégier les plaintes par téléphone ou par internet lorsque possible.   

Des stations de lavage de voiture 24h sur 24 seront également établies au cours des prochaines heures dans chacun des postes de police, afin de répondre aux besoins des policiers et de restreindre le plus possible la propagation de la COVID-19.   

«Les policiers pourront donc faire nettoyer leur véhicule en tout temps, selon les besoins terrain», a précisé la directrice.   

Des trousses de pandémie seront également installées d’ici quelques jours dans tous les véhicules de patrouille des différents arrondissements, dans le but d’offrir une protection supplémentaire aux agents.   

Cette trousse devrait contenir, entre autres, des tampons désinfectants, des masques chirurgicaux, des masques N95 ainsi que des gants.   

Stratégie en préparation  

Concernant le transport de détenus, la détention, la prise d’empreintes et les autres actions de proximité avec les citoyens qui doivent être faites, des mesures d’hygiène et de protection supplémentaires sont actuellement en préparation.   

«L’évolution de la situation est suivie de façon quotidienne et la direction prend ses décisions en fonction de cette évolution et à la suite de discussions journalières avec la Direction de la santé publique ainsi qu’avec les autorités municipales et provinciales», a-t-elle ajouté.   

Le SPVQ est également en coordination provinciale avec les autres corps de police et avec le Ministère de la Sécurité publique, afin d’échanger sur les meilleures pratiques.   

Sûreté du Québec  

À la Sûreté du Québec, plusieurs mesures ont également été mises en place pour protéger les policiers et les civils qui travaillent dans ce milieu.   

«Concernant ces derniers, le télétravail, lorsqu’il est possible de le faire, est fortement encouragé», a fait savoir Ann Mathieu, porte-parole à la SQ.   

Tout comme les employés de la Ville de Québec, les policiers ont accès à différents outils pour se prémunir de la contagion.   

Par ailleurs, bien que le rapatriement de policiers ou civils aujourd’hui à la retraite ne soit pas dans ses plans immédiats, la SQ ne peut écarter cette éventualité.   

«Lors d’opérations d’envergure, tous les scénarios sont envisagés», a ajouté Mme Mathieu en précisant qu’il n’y avait pas, pour l'instant, «d’enjeu d’absentéisme».    

Du côté du Service de police de la Ville de Lévis, les mêmes mesures sanitaires ont été prises et elles seront régulièrement réévaluées en raison de la situation qui est évolutive.   

Actuellement, quatre policiers sont en isolement en raison d’un retour de voyage et la policière qui travaillait à l’école secondaire Les Etchemins se trouve aussi en isolement après la confirmation, en début de semaine, d’un cas de COVID-19 dans l'établissement.  

Pendant des mois

À la police de Laval, les troupes se préparent à intervenir durant « plusieurs mois » de crise. Face à un tireur actif, tout le monde fuit, mais les policiers vont vers le danger. Dans la situation actuelle, les policiers devront continuer à intervenir malgré le virus. 

Le directeur de la police de Laval, Pierre Brochet, assure que ses troupes sont déterminées à maintenir la sécurité.

« On s’attend malheureusement à devoir vivre cette situation-là pendant plusieurs mois. On doit être prêt à livrer le service, même si le taux d’absentéisme devait augmenter dans nos effectifs », a confié le chef Brochet au Journal.

– Avec la collaboration de Dominique Lelièvre et Éric Thibault

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