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Coronavirus: dix jours qui ébranlèrent le monde

Coronavirus: dix jours qui ébranlèrent le monde
Photo Simon Clark

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C’était un 10 mars 2020. Jour du budget du gouvernement Legault. Sur fond alors tout à fait abstrait du coronavirus, on vantait avec raison la robustesse exceptionnelle de l’économie québécoise, sa pénurie de main-d’œuvre, ses surplus abondants, etc.   

C’était il y a dix jours. À peine. Dix jours qui, depuis, ont chamboulé le monde du tout au tout. Dix jours. Seulement. Et pourtant, tout a changé au point qu’on a l’impression que c'était il y a dix ans déjà.  

Comme le chantait si bien John Lennon : la vie est ce qui vous arrive pendant qu’on est occupé à faire d’autres plans...  

Dix jours. Pas un de plus. Dix jours pour commencer seulement à prendre la mesure de ce qui est devenu depuis une pandémie mondiale. Des morts, ici aussi, déjà, mais aussi des histoires de guérison. Et surtout, l’inconnu.   

Dix jours pour que les écoles ferment et la quasi-totalité des magasins, cinémas, restaurants, centres d’achat, etc.   

Dix jours pour comprendre qu’il faut bien apprendre à suivre les consignes de la santé publique. Qu’il faut le faire parce que des vies en dépendent et en dépendront de plus en plus.  

Lavage régulier des mains, ne pas toucher le visage, tousser dans son coude, rester chez soi le plus possible, pratiquer la distanciation sociale quand il faut sortir.   

C’est une vraie révolution comportementale qui reste encore, malheureusement, à être pleinement adoptée par tous. Mais ne lâchons pas.  

Dix jours pour être séparés de parents ou grands-parents qui, en résidence ou en CHSLD, sont isolés pour tenter de les protéger de la Covid-19. Dix jours pour se ronger d’inquiétude aussi pour nos enfants, frères ou sœurs handicapés intellectuels et/ou physiques.  

Dix jours pour voir disparaître les masques, l’alcool à friction, les gants jetables et le Purell, des tablettes de nos pharmacies et de celles du reste de l’Occident.  

Dix jours pour comprendre l’importance vitale que prennent maintenant nos épiciers et nos pharmacies de quartier pour se nourrir et pour nos médicaments.  

Dix jours pour voir de de plus en plus de Québécois et de Canadiens perdre leur emploi, leurs contrats, être mis à pied. Plusieurs le vivent et le vivront avec des épargnes inexistantes ou insuffisantes pour passer à travers.  

Dix jours pour voir nos gouvernements se mobiliser rapidement pour tenter de pallier ces pertes de revenus qui, pour plusieurs citoyens, risquent de provoquer des drames humains sans l’aide de l’État.  

Bref, dix jours pour redécouvrir, pour ceux qui en doutaient, le rôle essentiel et protecteur de l’État.   

Dix jours pour que les Québécois découvrent aussi en leur premier ministre François Legault, un leader particulièrement solide, proactif et empathique à la fois, capable de prendre les devants lorsque nécessaire.  

Dix jours pour voir le premier ministre du Canada négocier avec le président américain la fermeture des frontières canadiennes aux touristes étrangers, y compris maintenant les touristes américains et les demandeurs d’asile qui tenteront illégalement de franchir la frontière canadienne. Du jamais vu.  

Comme le veut le vieil adage : aux grands maux, les grands remèdes.  

Dix jours pour voir des milliers d’ex-infirmières, ex-préposés, etc. se porter volontaires pour aider à renforcer la première ligne du système de santé.  

Dix jours pour des responsables de ressources intermédiaires où résident des personnes très vulnérables de devoir fonctionner eux aussi dans une situation sans précédent.  

Dix jours pour comprendre l’immense défi qui attend notre système de santé et son personnel au grand complet.  

Dix jours, pour se rendre compte toutefois que considérant la difficulté qui perdure à obtenir des tests de dépistage – j’en ai parlé dans ma chronique de ce matin -, nous n’avons toujours pas le portrait réel de l’étendue actuelle de la propagation ici de la covid-19. Pis encore, combien de citoyens, non dépistés, contamineront leur entourage et la communauté parce qu’ils ne savent pas qu’ils sont infectés eux-mêmes?  

Dix jours où nous redécouvrons nos voisins et nos voisines, tous précieux.   

Dix jours pour redécouvrir que d’une rigueur sans faille sur le plan factuel, en pleine crise, nos médias d’information et ses artisans sont un véritable service essentiel à la société.   

Dix jours pour voir nos artistes se mobiliser pour contribuer à multiplier les messages imaginatifs visant à bien communiquer les consignes de la santé publique à leurs publics respectifs.   

Maintenant, de quoi seront faits les dix prochains jours? Bien malin celui ou celle qui le saurait.   

Une seule chose est sûre : on continue de suivre les consignes de la santé publique.  

(*) Le titre de ce billet s’inspire du titre du livre mythique du même nom de l’auteur John Reed. Même titre, mais il va sans dire, deux sujets très distincts l’un de l’autre.