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COVID-19: Groupe Canac ne veut pas forcer ses employés au chômage

Le patron du Groupe Canac, Jean Laberge
Photo d'archives, Didier Debusschère Le patron du Groupe Canac, Jean Laberge

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« Pour l’instant, je ne veux pas fermer mes succursales. Je ne veux pas mettre près de 4000 personnes sur le chômage. C’est bien beau le chômage, mais ce n’est pas comme un salaire. »

Le patron du Groupe Canac veut maintenir ses activités, mais il ne cache pas que les affaires sont difficiles, comme pour plusieurs autres entreprises.

En janvier, les prévisions budgétaires du quincaillier faisaient sourire et les projets de croissance du groupe étaient nombreux. Tout est « mis à la poubelle ».

Aujourd’hui, Jean Laberge fait de la gestion « au jour le jour ». Malgré une baisse d’achalandage en raison de la COVID-19, le président espère ne pas fermer de magasins. Les heures d’ouverture ont toutefois été réduites.

3800 travailleurs

Sa principale préoccupation est présentement ses employés, indique au Journal l’homme d’affaires. Leur sécurité, mais aussi leur santé financière. Il concède qu’il y a une certaine inquiétude face à l’avenir.

« Je ne peux pas fermer, j’ai trop d’employés. Cela n’aurait pas d’allure. C’est trop de monde sur le chômage d’un coup sec. Ce sont des gens qui ont besoin d’un salaire pour payer leurs factures, dit M. Laberge.

« Ils n’ont pas tous de l’argent de côté. C’est bien beau les plans de Trudeau avec l’assurance-emploi, mais les gens ne peuvent pas être deux ou trois semaines sans avoir d’argent qui entre. [...] On va payer nos employés pour qu’ils soient capables de vivre et de se nourrir », poursuit-il.

Canac, dont le siège social est à Québec, sert de gagne-pain à environ 3800 travailleurs répartis dans 30 succursales à travers le Québec. L’entreprise a donné à tous ses employés une banque de congés payés de 80 heures (40 heures pour les temps partiels) pouvant servir durant la crise ou encore plus tard dans l’année. En février dernier, la chaîne inaugurait son trentième magasin, à Prévost. Un investissement de 9 millions $ qui a entraîné la création de 125 emplois.

Quelques mesures

Comme mesure pour protéger ses employés, Canac n’accepte plus d’argent comptant. La direction ne cache pas que cette décision a créé de la frustration chez certains clients. Des travailleurs ont aussi été installés devant la porte des magasins afin de limiter le nombre de personnes.

La chaîne refuse également tous les retours de marchandises pour une période indéterminée. Elle demande aux consommateurs de conserver leur facture le temps que la situation se règle. Elle conseille aussi à ses clients de magasiner en ligne.

Jeudi, le gouvernement Legault a invité les Québécois à acheter localement et en ligne pour contrer les impacts de la pandémie.