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Les banques toujours aussi gourmandes

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Que les clients des institutions bancaires, particuliers et entreprises, se le tiennent pour dit : les frais d’intérêt sur leurs emprunts vont continuer de courir à pleine allure même s’ils bénéficient d’un report de paiement. 

Alors que tout le monde met la main à la pâte pour s’entraider en vue de se défendre contre la pandémie du coronavirus, nos grandes institutions bancaires comme Desjardins et les six grandes banques canadiennes se contentent de s’engager, au cas par cas, à accorder des allègements et reports de paiement sur les emprunts de leurs clients. 

  • Michel Girard était à Politiquement incorrect sur QUB radio:

Cependant, fait très important à noter, les clients bénéficient d’un report de paiements, mais pas d’un congé d’intérêt. 

En effet, les intérêts sur les paiements reportés vont continuer d’être facturés et de s’accumuler. Les intérêts deviendront donc payables ultérieurement, de me confirmer notamment Desjardins et la Banque Nationale, nos deux populaires institutions bancaires québécoises. 

Exploitation 

Bien entendu, les institutions bancaires (banques, caisses Desjardins, fiducies, crédit union, etc.) ne sont pas là pour faire la charité. 

N’ayez « crainte », cela n’arrivera pas ! Depuis le début de la pandémie du coronavirus, nos institutions bancaires : 

 Ont-elles réduit les frais d’intérêt exorbitants (18 à plus de 20 %) qu’elles prennent sur les soldes de cartes de crédit ? Non. 

 Ont-elles baissé les onéreux frais d’intérêt (de 10 % et plus) qu’elles imposent sur les prêts personnels et les prêts aux entreprises ? Non. 

Ont-elles suspendu les charges d’intérêts de 20 % et plus qu’elles exigent sur les découverts de comptes bancaires ? Non. 

Quand on a le culot de faire payer aux emprunteurs des frais d’intérêt de 15 à 20 % et plus, alors qu’on verse de minables revenus d’intérêt (moins de 1 %) sur l’ensemble des dépôts des clients, convenons qu’il y a de l’exploitation.   

Les banques et caisses populaires jouissent d’une grande marge de profits. En temps de crise financière, comme c’est actuellement le cas avec la quasi « paralysie » mondiale, il me semble que nos institutions bancaires devraient faire preuve de compassion. À tout le moins, réduire leurs gourmandes marges de profits sur les frais d’intérêt. 

GROS PROFITS 

Les dépôts des clients dans les institutions bancaires au pays s’élèvent à quelque 2000 milliards $. C’est sur cette somme astronomique que les institutions versent de faibles intérêts aux déposants. 

Pour leur part, les prêts bancaires et autres avances de fonds (cartes de crédit, etc.) consentis aux clients atteignent les 2400 milliards. De ce total, il y a des prêts hypothécaires assurés par la SCHL pour environ 450 milliards de dollars, donc sans risques pour le monde bancaire.  

Au seul chapitre des revenus nets d’intérêt, les six grandes banques canadiennes ont empoché en 2019 quelque 83 milliards de dollars. Elles se sont partagé un bénéfice record de 45 milliards de dollars. 

Dominant dans le marché québécois, Desjardins a encaissé en 2019 un revenu net d’intérêts de 5,4 milliards de dollars. Et un bénéfice net (qualifié d’excédent avant ristournes) de quelque 2,6 milliards. 

N’ayez crainte, Desjardins et nos grandes banques disposent d’un solide coussin financier pour donner un peu de répit à leurs clients, autant les particuliers que les entreprises.