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COVID-19: Le nombre d’hospitalisations est moins élevé que prévu au Québec

Des spécialistes sont optimistes en observant les chiffres québécois

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Le nombre de patients actuellement hospitalisés au Québec à cause de la COVID-19 est moins élevé que l’hypothèse utilisée par le gouvernement afin de préparer le réseau de la santé à la pandémie.  

Les autorités sanitaires québécoises ont estimé que 15% des personnes touchées par la maladie devraient séjourner à l’hôpital pour recevoir des soins, a appris notre Bureau d’enquête.      

Vendredi, le Québec se trouvait cependant encore loin de cette prévision. Avec 10 hospitalisations pour 139 cas, c’est plutôt la moitié, soit 7,2% des malades, qui sont hospitalisés actuellement.      

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, avait même affiché un optimisme prudent, vendredi, en comparant l’augmentation du nombre de nouveaux cas de la COVID-19 au Québec avec d’autres pays.      

«On remarque que c’est en train de monter un peu moins vite», a-t-il dit dans sa conférence de presse quotidienne.      

Le pneumologue Mathieu Simon observe également que, pour le moment, la progression du nombre de cas au Québec «semble être en retrait par rapport aux courbes pessimistes».      

«Notre courbe réelle est plus optimiste que ce qu’on a vu ailleurs, dit-il en entrevue. Mais il est tellement tôt que ce n’est pas le temps de se péter les bretelles.»      

Mesures rapides  

Cette progression différente au Québec pourrait s’expliquer par les mesures mises en place rapidement ici pour contenir la propagation du virus.      

«Tous les modèles sont basés sur l’expérience d’autres pays qui n’ont pas été aussi brillants que le Québec en termes de réduction de l’exposition sociale», explique M. Simon.      

En s’appuyant sur des projections du ministère de la Santé, le médecin spécialiste n’entrevoit pas de diminution du nombre de nouveaux cas avant la mi-avril.      

«Selon les scénarios optimistes, il n’y a pas de diminution envisagée avant deux semaines et demie à trois semaines», détaille-t-il.      

Cela ne veut pas dire pour autant que toutes les contraintes à la circulation disparaîtraient une fois ce pic passé.      

«Le danger qu’il y a à le prédire trop tôt, c’est que les gens se réjouissent et qu’il y ait un deuxième pic», prévient Mathieu Simon.      

10 000 lits  

La fin de semaine dernière, le premier ministre François Legault avait indiqué qu’environ 10 000 lits seraient nécessaires pour recevoir dans les hôpitaux un éventuel afflux de patients touchés par la pandémie.      

Selon une source gouvernementale, ce chiffre de 10 000 lits a été obtenu en s’appuyant sur une estimation que 15% des malades devraient être hospitalisés.      

En Grande-Bretagne, le National Health Service utiliserait le même ratio de 15% pour prédire le nombre de victimes de la pandémie qui devraient être reçues dans les hôpitaux, selon les extraits d’un rapport publiés par le quotidien The Guardian.