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Des temps difficiles pour les hypocondriaques

La période de crise amplifie de façon importante la détresse et l’angoisse

CHINA-HEALTH-VIRUS
Photo AFP Les grandes mesures prises à l’échelle nationale et mondiale pour lutter contre la COVID-19 peuvent aggraver l’état des personnes hypocondriaques et créer davantage d’anxiété au sein de la population. On voit ici une opération majeure de désinfection à l’hôpital de la Croix-Rouge à Wuhan, en Chine, vendredi.

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La crise de la COVID-19 risque fort d’être une période difficile pour les 1 à 2 % de la population du Québec qui sont hypocondriaques, soulève un spécialiste qui appelle ces gens à prendre une distance avec cette source explosive d’anxiété qui s’ajoute. 

Aspect oublié de la crise actuelle, les Québécois qui vivent au quotidien avec l’hypocondrie pourraient connaître une période noire au cours des prochaines semaines. 

« C’est la recette idéale pour que ces gens passent un mauvais moment. Ça, c’est certain », admet le psychologue Frédéric Langlois, professeur au département de psychologie de l’UQTR. 

Celui qui s’est intéressé à l’hypocondrie, ou anxiété face à la maladie, précise que ces gens vivent actuellement « un concentré » des problèmes qu’ils connaissent déjà au quotidien. 

« Ils sont en train de vivre une expérience où l’information liée à la santé, qui leur cause de l’anxiété, qui est un couteau à double tranchant, est multipliée par 10 ou même par 20 », explique le professeur Langlois. 

Fausses croyances 

Pour réussir à composer avec l’anxiété élevée que leur fait vivre la COVID-19, Frédéric Langlois conseille aux gens que le virus inquiète de prendre une certaine distance face à l’explosion d’informations qui les assaillent. 

Et ils doivent tenter de ne pas laisser leurs fausses croyances l’emporter sur la raison. 

« C’est difficile parce que les normes sociales, par exemple sur le lavage des mains, ont changé. Ça peut donc être difficile pour eux parce que dans leur perception, ça confirme ce qu’ils se sont toujours dit. Ils peuvent se dire : “Je savais que c’était correct de me laver autant les mains” », illustre le psychologue, précisant que la personne hypocondriaque va surestimer la possibilité et la gravité d’une maladie. 

Et comme le cas de la COVID-19 est présenté comme étant déjà très sévère, cette réalité ne fera qu’augmenter l’intensité des comportements hypocondriaques. « C’est pourquoi il est important pour ces gens de demeurer concentré sur les balises établies par la santé publique ». 

État momentané 

Preuve que la situation actuelle est exceptionnelle, le docteur Langlois souligne qu’une grande part de la population expérimentera à divers niveaux des symptômes que les gens hypocondriaques vivent au quotidien. Il explique que le seuil de détection de la menace inné chez l’homme est beaucoup plus sensible dans un contexte comme celui d’une pandémie. 

« On nous dit d’être attentifs à nos symptômes, et c’est la base des hypocondriaques, qui ont un scanneur corporel qui est excessif, toujours en action. Sauf que maintenant, on a tous depuis quelques jours ce scanneur. Au moindre picotement dans la gorge, on va se demander si c’est le virus ou pas », fait remarquer Frédéric Langlois, qui rappelle l’importance de se vider l’esprit et d’essayer de ne pas penser qu’à ça, pour demeurer sain d’esprit. 

« Ça va être important de se détendre au quotidien », rappelle l’expert. 

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