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Informer au temps du coronavirus: Mario Dumont en équilibre

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

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Mario Dumont aura 50 ans au mois de mai. Est-ce qu’il attend cet anniversaire avec impatience ? Pas vraiment. En entrevue, l’animateur n’y va pas par quatre chemins pour exprimer son sentiment par rapport au cap qu’il s’apprête à atteindre. « Pour moi, vieillir, c’est pourri, lance l’ex-politicien sans hésitation. Ce n’est pas quelque chose qui m’angoisse en permanence, mais ce n’est pas quelque chose qui m’emballe non plus. Ça vient avec des bobos. Tu dois aller chez le médecin plus souvent, t’es plus inquiet des résultats chaque fois... Ce n’est pas le fun. »  

Rencontré dans son bureau au 9e étage de TVA à Montréal, Mario Dumont a beau s’en prendre au temps qui passe, il partage sa position avec calme, sans une pointe d’agitation. « J’essaie de rester philosophe. Je suis bien entouré. Je suis encore en santé. Les choses vont bien. »

Mario Dumont a besoin d’avoir une bonne santé pour tenir debout après ses semaines de fou. Une émission quotidienne à LCN, une autre à QUB radio, des interventions aux bulletins de nouvelles, une chronique au Journal... La roue tourne à vitesse grand V. Et elle continuera de tourner à plein régime au cours des prochains mois en raison de l’épidémie de coronavirus. 

Pour l’avoir suivi durant toute une journée au travail, nous pouvons affirmer que côté énergie, tout baigne. De son arrivée à TVA à 6 h 30 du matin jusqu’à son départ en début de soirée, nous n’avons remarqué aucun ralentissement. Pas même de bâillement. « Plus on avance en âge, plus on travaille intelligemment. On gaspille moins d’énergie. On est plus sage. » 

Vieillir devait bien avoir quelques avantages... 

Un tapis roulant 

Bien qu’il passe 12 heures par jour au bureau, 5 jours par semaine, Mario Dumont ne croit pas être un bourreau de travail. Selon ses dires, il n’aurait aucune difficulté à ralentir le rythme. 

« J’ai connu des workaholics. Ils ramènent des dossiers chez eux. Ils n’arrêtent jamais. Moi, je suis capable de décrocher. Le vendredi, je reviens de QUB, j’arrive chez moi, j’ouvre une bouteille de vin, je regarde un film. Je suis chanceux. Mais quand ça repart, c’est un tapis roulant ! » 

Quand on demande à Mario Dumont s’il court autant en 2020 que lorsqu’il était chef de l’Action démocratique du Québec à l’Assemblée nationale, de 1994 à 2009, il esquisse un léger sourire. 

« Oh non ! La politique, c’est autre chose. C’est le jour, le soir, la fin de semaine... Et quand tu penses que c’est fini, quand tu penses que tout est réglé, le téléphone sonne. “Dans un comté, telle personne a dit telle phrase, c’est rendu dans un journal local... Qu’est-ce qu’on fait avec ça ?” Ça n’arrête jamais. » 

Sans décalage 

Mario Dumont semble très apprécié à TVA et LCN. On peut s’en rendre compte depuis que l’épidémie a tout fait basculer. Son temps d’antenne donne l’impression d’avoir triplé. 

Ses collègues le décrivent comme un communicateur « intelligent » et « respectueux », doté d’un bon jugement et d’une bonne écoute. Ils soulignent également l’absence de décalage entre Mario Dumont, la personnalité publique, et Mario Dumont, le confrère de travail. « Celui que tu vois en ondes, c’est celui qu’il est dans la vie », affirme Maryse Robinette, chef de pupitre à TVA-LCN. 

« Il suit beaucoup l’actualité, ajoute Nathalie Corriveau, réalisatrice de Dumont. Il est au courant de tout : économie, politique, sport... Il est impressionnant. » 

Autre caractéristique ressortie durant notre coup de sonde : son calme olympien. Un pépin technique ? Pas de problème. Un changement de programme en direct ? On s’adapte. 

« Une fois que t’as fait quatre débats des chefs, il n’y a plus grand-chose qui t’énerve, explique l’ancien leader politique. Je n’ai jamais été quelqu’un de stressé. Je vais l’être plus pour mes enfants qui passent un examen que pour moi, à 9 h 59, juste avant mon émission. » 

Un rôle à jouer 

Onze ans après avoir quitté la politique et pris les rênes de Dumont 360 à V, Mario Dumont est sur son X. En cette ère de grands bouleversements, il considère qu’il peut jouer un rôle important. « Plus que jamais, les gens ont besoin qu’on démêle les choses, qu’on vulgarise l’information. Ma mère était enseignante. Alors quand monsieur et madame Tout-le-Monde m’arrêtent pour me dire : “Avec vous, on comprend”, c’est un gros honneur pour moi. » 

12 heures en 12 photos avec Mario Dumont  

Quiconque regarde les chaînes d’information en continu depuis une semaine doit penser que Mario Dumont dort à LCN tellement sa présence en ondes est soutenue. Avec la crise du coronavirus, le temps d’antenne de l’animateur semble avoir triplé, voire quadruplé. Ironie du sort, nous l’avions suivi durant 12 heures, le mardi 10 mars dernier, juste avant que l’épidémie prenne le contrôle. Et comme vous pouvez le constater, ses journées étaient déjà passablement remplies.  

6 h 30

Une journée Mario Dumont
Photo Martin Alarie

Après s’être levé à 5 h 20, Mario Dumont arrive à TVA, à Montréal. Dehors, il fait encore noir. L’édifice du boulevard De Maisonneuve est presque désert. L’animateur dépose ses affaires au 9e étage et descend au premier sous-sol. Les coiffeuses et maquilleuses l’attendent. Elles nous parlent d’un homme avec beaucoup de classe, qui semble moins réservé qu’à l’époque de l’Action démocratique du Québec (ADQ). Leur conversation est enjouée et étonnamment animée pour cette heure matinale. 

7 h

Une journée Mario Dumont
Photo Martin Alarie

Mario Dumont monte au 10e étage, qui abrite la salle des nouvelles de TVA. Après avoir salué son équipe et brièvement discuté de l’Italie, qui ferme ses frontières à cause du coronavirus, il retrouve le studio J pour effectuer, loin du bruit, son intervention en direct à Dutrizac à QUB radio. Benoît Dutrizac absent, c’est avec Jonathan Trudeau qu’il discute principalement de l’épidémie et des limites du système de santé italien. Et juste avant de parler du budget du gouvernement provincial qui sera révélé plus tard cet après-midi, il raconte que quelques jours plus tôt, il est allé au Costco et qu’il n’y avait plus de papier de toilette... 

7 h 30

Une journée Mario Dumont
Photo Martin Alarie

Première apparition télé du jour, à Québec Matin de LCN. Juste avant d’entrer en ondes, Mario Dumont et Jean-François Guérin parlent des voyages qu’ils prévoyaient faire au cours des prochains mois. Dans l’état des choses, rien n’est sûr. 

7 h 45

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

Mario Dumont réintègre la salle des nouvelles pour préparer son émission de 10 h avec son équipe, composée d’une réalisatrice (Nathalie Corriveau), d’une chef de pupitre (Maryse Robinette) et d’un recherchiste (Alexandre Paquette). Ensemble, ils discutent des sujets qui pourraient faire l’objet d’un bloc. L’éventail est particulièrement large aujourd’hui : la COVID-19, le budget provincial, la grossesse de Catherine Dorion, la nouvelle plainte portée contre Éric Salvail, la chicane de famille d’Adonis Stevenson, le procès d’Éric Lapointe... 

9 h

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

Petit déjeuner. Mario Dumont croise sa conjointe, Marie-Claude Barrette, par hasard à la cafétéria de TVA. L’animatrice de Deux filles le matin vient proposer un nouveau concept d’émission. Après une trentaine de minutes, Mario Dumont remonte au 10e étage et participe aux derniers préparatifs du rendez-vous qu’il s’apprête à piloter en direct à LCN. Durant ses déplacements, les gens qu’il croise le félicitent pour son titre de Personnalité du milieu de l’information des 10 dernières années, devant Céline Galipeau, Paul Arcand et Pierre Bruneau. Décerné la veille par l’ICO, un institut ayant comme mission de solidifier la confiance dans les organisations, ce prix résulte d’un sondage réalisé auprès de 1000 répondants. Chaque fois que quelqu’un mentionne cette récompense, Mario Dumont tente poliment de changer le sujet. « Les prix, les plaques, les trophées... il faut prendre ça avec détachement, nous explique-t-il. Je n’ai jamais vécu pour ça. Ce n’est pas mon moteur. » 

9 h 50

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

Retouche coiffure-maquillage juste avant d’entrer en ondes. Mario Dumont paraît calme et détendu. À voix haute, il répète le mémo linguistique que tous les employés de TVA ont reçu quelques minutes plus tôt : il faut dorénavant dire « la » COVID-19 et non plus « le » COVID-19. Le terme est féminin, selon les spécialistes de la langue. 

10 h

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

L’émission commence. Pendant deux heures, Mario Dumont passe d’un sujet à l’autre avec beaucoup d’aisance et visiblement beaucoup de plaisir. Son talent de vulgarisateur est indéniable, particulièrement quand il explique les fluctuations du prix du baril de pétrole. Sans trop abuser de familiarités, il s’adresse directement aux téléspectateurs avec clarté et proximité. Il reste calme en tout temps, même quand sa réalisatrice lui annonce des changements de dernière seconde dans son oreillette, comme ce passage en mode alerte du centre de sécurité civile de Montréal en raison du coronavirus. 

12 h 30

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

Après avoir rencontré son équipe pour préparer son émission de vendredi, qu’il compte présenter en direct du Centre de foires de Sherbrooke (ses plans sont tombés à l’eau en raison du coronavirus), Mario Dumont se retire dans son bureau du 9e étage pour rédiger sa chronique du Journal de Montréal. Le tout, en prenant son lunch. En temps normal, il réussit à terminer son article avant de partir pour QUB radio, mais en ce jour de budget, il devra le finir plus tard, après l’avoir bien épluché.  

14 h 15

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

Mario Dumont quitte TVA pour se diriger vers les studios de QUB, au coin des rues Berri et Sainte-Catherine. L’animateur s’y rend à pied. Même s’il pleut, comme aujourd’hui. Mario Dumont ne lésine pas dans ses déplacements. Il marche vite, très vite. Il ralentit seulement pour remercier les passants qui l’abordent, lui soulignant son « beau travail ». 

15 h

Une journée Mario Dumont
Photo Chantal Poirier

Après une rencontre d’équipe, Mario Dumont prend son micro et lance son émission de radio. Habituellement, il est accompagné du journaliste Vincent Dessureault, mais aujourd’hui, c’est Alexandre Moranville-Ouellet qui l’épaule. Encore une fois, on sent qu’il s’amuse en ondes. La bonne humeur règne, particulièrement durant ses échanges avec Anaïs Guertin-Lacroix (chroniqueuse culturelle) et Jean-Charles Lajoie (collaborateur aux sports). Et quand un pépin technique survient avec ses écouteurs, rien n’y paraît. 

17 h 20

Une journée Mario Dumont
Photo Martin Alarie

Rare moment d’attente dans une journée frénétique réglée au quart de tour. De retour à TVA, Mario Dumont attend son tour pour participer au TVA Nouvelles de 17 h avec Pierre Bruneau. 

17 h 40

Une journée Mario Dumont
Photo Martin Alarie

Son intervention est retardée de quelques minutes à cause de problèmes techniques durant l’entrevue du ministre des Finances du gouvernement du Québec. Avec Pierre Bruneau, il discute du contenu du budget. Il s’attarde aux projets de transport en commun annoncés et s’interroge sur l’absence de mesures costaudes pour contrer les effets économiques du coronavirus. Une fois son apparition terminée, Mario Dumont retrouve son ordinateur pour peaufiner sa chronique du Journal et ainsi conclure une autre journée bien remplie.  


► Mario Dumont anime Dumont à LCN du lundi au vendredi de 10 h à midi.

► Le retour de Mario Dumont de 15 h à 17 h à QUB radio (en raison du coronavirus, l’émission est diffusée de 14 h 30 à 16 h jusqu’à nouvel ordre).