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La nouvelle vie de Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier
Photo courtoisie, Maude Chauvin

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À l’aube de ses 40 ans, Louis-Jean Cormier avait envie de s’éclater comme jamais sur son troisième album solo, Quand la nuit tombe. Inspiré par sa copine éthiopienne, sa nouvelle vie de père monoparental et plusieurs voyages à l’étranger, l’auteur-compositeur nous arrive avec un album sans aucune guitare, mais qui est probablement le disque le plus rock de sa carrière.

Pour parler de son nouvel album, Louis-Jean Cormier avait invité la semaine dernière les médias dans son studio rue Dandurand, dans Rosemont. C’était quelques jours avant que la crise du COVID-19 ne gagne le Québec...

Durant près de deux heures, le musicien a fait écouter son album aux journalistes, expliquant les chansons ici et là. Il décrit ce disque comme « le plus karkwaesque à date », faisant référence au groupe avec qui il a lancé quatre albums dans les années 2000.

L’album marque justement ses « retrouvailles » avec son ancien comparse de Karkwa, le claviériste François Lafontaine. « On s’était perdus de vue pendant un petit bout, même si on était restés de grands amis, indique Louis-Jean. Là, c’est comme s’il revenait dans mon bateau. »

Sur Quand la nuit tombe, Louis-Jean Cormier­­­ s’est donné comme défi de ne mettre aucune guitare. Il a plutôt redécouvert le piano, qui est le premier instrument qu’il a appris dans sa vie, alors qu’il n’avait que deux ans.

Louis-Jean Cormier
Photo courtoisie

Nouvelle muse

C’est après une « sabbatique » de deux ans que Louis-Jean Cormier a amorcé le travail de ce troisième album solo, qui paraît cinq ans après le précédent, Les grandes artères

Au cours de cette sabbatique, le musicien a tout de même composé la musique du film Kuessipan, en plus de collaborer avec Serge Fiori pour le spectacle du Cirque Éloize.

Et c’est sa nouvelle relation amoureuse avec l’animatrice Rebecca Makonnen qui a été le point de départ de l’album. « C’est un disque qui s’adresse à elle en grande partie », dit-il.

Louis-Jean s’est permis beaucoup de liberté sur ce disque très dynamique. « J’écoutais une entrevue du réalisateur Pasolini qui disait que la pire chose pour un artiste, c’est de vouloir faire l’unanimité. Je me suis demandé si j’étais peut-être un chanteur un peu gris qui essayait tout le temps de faire plaisir à tout le monde. Et là, je me suis dit : pourquoi je ne ferais pas “f*** you” en allant encore plus loin dans mon trip ? Oui, je me suis éclaté ! » 

Quatre chansons expliquées

Louis-Jean Cormier a commenté quatre de ses nouvelles pièces.

Les poings ouverts

« C’est une chanson que j’ai coécrite avec David Goudreault. David partage sa vie avec une femme de La Réunion et moi avec une fille de l’Éthiopie. On a tous les deux réalisé des choses, en tant qu’hommes blancs qui vivent dans une famille blanche avec des racines blanches. On s’est rendu compte à quel point on vit dans un milieu qui est très raciste et ignorant de certaines manières de s’exprimer. [...] C’était mon coup de gueule au Québec. Je trouvais que la chanson s’y prêtait. La musique a quelque chose de Kanye West et de foncièrement éthiopien en même temps. »


Croire en rien

« Mon père était prêtre avant. Il a décidé de quitter la prêtrise pour fonder une famille. Le disque a complètement basculé il y a quelques semaines parce qu’il nous a quittés il y a un mois. L’album est devenu une porte vers le deuil. Cette chanson s’adresse vraiment à mon père. Une de mes grandes déceptions, c’est qu’il ne l’aura jamais entendue. »


Face au vent

« Il fallait que je fasse un pont entre mon père, sur la chanson précédente, et celle-ci qui est vouée à la Gaspésie. La famille de ma mère a créé le Festival en chanson de Petite-Vallée. Le Théâtre de la Vieille forge a brûlé il y a deux ans et demi. J’ai une phrase qui est apparue en premier : est-ce que les chansons brûlent quand le théâtre passe au feu ? »


Toi aussi

« Mon fils jouait dehors et il est entré en demandant : c’est quoi, #metoo ? Il a neuf ans... Après ça, je voyais les machos, les Donald Trump­­­ de ce monde et je me demandais s’il me voyait comme ça, lui aussi. Cette chanson ramasse un peu l’ensemble des sujets de l’album. Il y a beaucoup de profondeur, mais elle reste toute naïve et simple. Quand je dis à mon fils : je veux que ta sœur soit fière de toi et moi, il y a quelque chose là... »


Le nouvel album de Louis-Jean Cormier, Quand la nuit tombe, est présentement sur le marché.