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Les films de pandémie sont-ils crédibles?

CONTAGION
Photo d’archives

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À l’heure de la COVID-19, la population se tourne vers les productions hollywoodiennes afin de trouver des réponses à ses questions. Mais jusqu’où des films tels que «Virus» ou «Contagion» sont-ils scientifiquement exacts?  

«Je pense que le divertissement a la capacité d'influencer les points de vue des gens, que le film soit exact ou non, et la communauté scientifique peut utiliser ces médias comme outils pédagogiques», disait Rick Loverd, directeur du développement du programme d’échange sciences et divertissement de l’Académie nationale des sciences américaine, en 2011. Pourquoi 2011? Parce qu’il s’agissait de la sortie de «Contagion», film de Steven Soderbergh.  

«Contagion» 

Le long métrage avec Matt Damon en père qui s’isole du reste du monde aux côtés de sa fille, Marion Cotillard en scientifique prise en otage et Gwyneth Paltrow en patient 0 – celle par qui l’épidémie débute – décrit la propagation d’un virus mortel à travers le monde. Le film, qui comporte sa part de fiction, se base sur des recherches et des faits scientifiques. 

Le scénariste Scott Burns précisait à l’époque que «Contagion» ne se basait sur aucune épidémie connue, mais qu’il souhaitait explorer les «dommages collatéraux» d’un tel problème sanitaire. Il avait réalisé à ce moment-là «ce que signifiait réellement la distanciation sociale et les difficultés qu’il y aurait à demander aux gens d’arrêter de se serrer la main ainsi que l’étendue de l’espace que nous partageons avec les autres.» 

La scientifique Laurie Garrett, membre du Conseil des relations internationales, avait œuvré à titre de consultante. Pour elle, le long métrage remplit un rôle de mise en garde. «Inquiétez-vous et incitez les dirigeants à se préparer, disait-elle en 2011. Lorsqu’une épidémie frappe et que la situation commence à se détériorer, la vie dépend de la capacité de la communauté à pendre soin d’elle-même et des autres plutôt que d’isoler des individus ou de les stigmatiser. J’espère que le public réalisera, [en voyant ce film], que si un événement comme celui-ci devait se produire [...] la capacité de la société à réagir correctement dépendra du fait de faire attention aux autres.» 

Richard Besser, ancien directeur du CDC, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain, avait quelques réserves. «À bien des égards, les notions scientifiques sont exactes, mais j'ai été frappé par la vitesse à laquelle ils ont créé un nouveau vaccin et sauvé le monde. [...] La création de vaccins sûrs et efficaces peut prendre beaucoup de temps et peut être difficile à atteindre.» 

Il y a quelques jours, Scott Burns indiquait au «New York Times» que les internautes lui posaient des questions précises sur la COVID-19 via son fil Twitter. «Je suis inquiet lorsque les gens choisissent de demander des conseils à un scénariste plutôt qu’à un docteur», disait-il.  

«L'épidémie» 

Sorti en 1995, «L’épidémie» est un film catastrophe dans la plus pure tradition hollywoodienne. Une équipe de médecins menée par Dustin Hoffman tente de sauver les habitants d’une ville, menacés par un virus de type Ebola, car l’armée veut raser la bourgade pour empêcher toute épidémie. 

Pour Laurie Garrett, ce film ne possède aucune base scientifique. «Comment diable [les médecins du long métrage] ont-ils obtenu suffisamment de plasma d'un seul singe pour sauver des milliers de personnes? Comment est-il possible que l'épidémie d'origine dans le village africain ait tué, apparemment, 100 % de la population, alors qu’il y a des survivants aux États-Unis? De plus, certaines théories du complot citent ce film pour affirmer que le VIH a été ¨fabriqué dans un laboratoire de la CIA¨!»  

«28 jours plus tard...» 

En 2002, le réalisateur Danny Boyle s’est attaqué à un virus mortel. Film post-apocalyptique, «28 jours plus tard...» suit Jim (Cillian Murphy), un patient qui émerge de son coma dans un hôpital londonien. La capitale est déserte et il apprend peu à peu que la population a été décimée et transformée en zombies par la rage, transmise par des singes de laboratoire libérés par des groupes de défense des droits des animaux. 

Pour les scientifiques, le long métrage à succès est un non-sens. En effet, un virus ne peut infecter au point que le malade présente des symptômes de la maladie aussi rapidement. Mais Danny Boyle n’a jamais prétendu présenter une œuvre réaliste, insistant que son «virus est psychologique»!  

«Doomsday» 

Sorti en 2008, «Doomsday» joue sur des thèmes explorés dans bon nombre de films du genre. En effet, l’Écosse atteinte d’un virus mortel est mise en quarantaine, les Anglais construisant un mur autour du pays afin d’éviter que la maladie se propage. Mais 30 ans plus tard, des Londoniens sont atteints. Le gouvernement envoie donc le commandant Sinclair (Rhona Mitra) récupérer l’antidote en Écosse. 

Parabole sans aucune prétention scientifique, ce film d’action montre une société dans laquelle des chevaliers se battent contre des sauvages, l’humanité s’étant adaptée.  

Les cinq meilleures pandémies... de zombies  

Les morts-vivants figurent parmi les personnages préférés des cinéphiles et on ne compte plus le nombre de longs métrages les mettant en vedette. Bien qu’impossibles, ces épidémies servent de paraboles sur les réactions humaines et la résilience des populations. 

Voici les meilleurs longs métrages du genre: 

«World War Z»: Brad Pitt incarne un ancien employé de l’ONU qui cherche à sauver sa famille et à trouver l’antidote à la transformation en zombie. 

«Resident Evil»: Mila Jovovich se transforme en Alice, héroïne du jeu vidéo du même nom. Elle doit tout faire pour empêcher que le virus se répande. 

«Zombieland» et «Zombieland: le doublé»: ces deux comédies réussies, sorties respectivement en 2009 et 2019, suivent des survivants de l’apocalypse zombie bien déterminés à demeurer humains. 

«Train to Busan»: ce long métrage sud-coréen met en scène une mère et sa fille qui tentent de rejoindre, par train, une zone de quarantaine. Or, celui-ci est rempli de zombies. 

«La nuit des morts-vivants»: classique du genre et film culte, ce long métrage de George A. Romero, sorti en 1968, se regarde toujours avec autant de plaisir.