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Merci à mon ado!

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La véritable personnalité des êtres humains se révèle souvent dans les moments les plus difficiles.  

À cet égard, mon adolescente s’avère un modèle de résilience et de serviabilité depuis le début de la crise. Malgré tous les deuils de la vie quotidienne qui s’accumulent, elle a même trouvé le moyen de faire des heureux.  

C’est donc elle que je souhaite remercier, parce qu’elle m’impressionne par son attitude positive et son grand cœur. Je vous explique. 

Pour les gens qui travaillent présentement dans le réseau de la santé et des services sociaux, il est très difficile de conjuguer travail et famille. Les garderies ont fermé leurs portes, il n’est pas tentant de les envoyer dans les services de garde avec plein de gens, et les parents sont souvent trop âgés pour garder les enfants. 

Dans ce contexte, mon ado, qui n’est vraiment pas portée sur le gardiennage, a offert ses services sans hésitation pour prendre soin d’un cousin dont les parents œuvrent dans le réseau en question. Ces derniers ont donc pu poursuivre un travail primordial pour notre société, d’autant plus avec la crise, et ce, sans s’inquiéter. 

Château de cartes  

En raison de la pandémie, le monde de nos adolescents s’est littéralement écroulé comme un château de cartes. À l’adolescence, on le sait, les personnes les plus importantes, ce sont les amis et les amoureux. La vie sociale, à cet âge, est primordiale et au cœur de l’existence. C’est à travers elle que les jeunes se bâtissent, apprennent à s’affirmer, et font leurs expériences.  

Or, en ces temps où la distance sociale est nécessaire à la survie, les contacts sont coupés. On ne sait pas ce qui va arriver avec l’année scolaire en cours. L’école, dont nos ados choyés aiment se plaindre, leur manque soudainement.  

Quant aux contacts à distance, sur les écrans, l’expérience actuelle démontre bien qu’ils ne sont pas aussi riches ni suffisants. Malgré tout, ils ont le goût de rendre service, de se sentir utiles en cuisinant, en s’impliquant, et en faisant du bien eux aussi. 

Il y a donc tout plein de bon encore dans ces jeunes qu’on trouve souvent trop bougons, dont les sautes d’humeur nous font rager, et qui nous font nous inquiéter comme parents. Il est réconfortant d’en être témoin. Il est rassurant de constater qu’avec nos jeunes, quoi qu’on puisse parfois en penser, l’avenir, sans être tout rose, sera beau.