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Coronavirus: le water-polo au sec

La fermeture de l’Institut national du sport complique la vie de 500 athlètes

GAMES-PANAM/
Photo courtoisie, water polo Canada L’équipe canadienne en action contre les Américaines lors des Jeux panaméricains, à Lima, en 2019.

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Que les gens actifs se consolent, les fermetures d’installations sportives à la grandeur du Québec rendent aussi orphelins les athlètes en préparation pour les Jeux olympiques.

L’annonce de verrouiller les portes de l’Institut national du sport (INS) du Québec, il y a une semaine, a augmenté l’incertitude chez les membres de diverses équipes nationales dont le centre d’entraînement se situe au Parc olympique de Montréal.

À quatre mois des Jeux de Tokyo, plus de 500 athlètes de haut niveau doivent maintenant user de créativité pour maintenir la forme depuis l’ordre de fermeture qu’impose l’INS à ses 10 sports résidents, soit boccia, boxe, escrime, gymnastique, judo, natation artistique, natation, patinage de vitesse courte piste, plongeon et water-polo.

« C’est dur à encaisser », affirme le directeur général de Water Polo Canada (WC), Martin Goulet.

La fermeture de l’Institut national du sport du Québec complique l’entraînement de l’élite sportive en préparation pour les Jeux de Tokyo, comme en témoigne le directeur général de Water Polo Canada, Martin Goulet.
Photo courtoisie, Water polo Canada
La fermeture de l’Institut national du sport du Québec complique l’entraînement de l’élite sportive en préparation pour les Jeux de Tokyo, comme en témoigne le directeur général de Water Polo Canada, Martin Goulet.

« Ce n’est pas possible » 

L’équipe masculine de water-polo fait face à un double tracas. En plus du report du tournoi de qualifications, qui doit maintenant avoir lieu du 31 mai au 7 juin à Rotterdam, à moins de nouvelles précisions de la Fédération internationale de natation amateur (FINA), les joueurs n’ont plus accès à un bassin d’entraînement et aux services médico-sportifs.

« Je suis un ancien de l’athlétisme et je sais qu’il y a certains sports dans lesquels on peut se débrouiller pour l’entraînement. Si on est un coureur de fond ou de demi-fond, par exemple, on peut s’entraîner pour un minimum à l’extérieur. Mais en water-polo, ce n’est pas possible. On peut faire un peu d’entraînement en général et des exercices musculaires chacun chez soi, mais ce n’est pas de l’eau. Il n’y a pas d’entraînement spécifique, ni travail collectif qui peut être fait », donne à entendre Goulet.

Même problème pour les dames 

Un problème similaire se pose pour l’équipe féminine, déjà qualifiée pour le tournoi olympique. Avant même d’arriver au plus fort de la crise de la COVID-19 au Québec, la fédération nationale avait convenu d’annuler la présence de la formation canadienne à un camp d’entraînement en Europe auquel elle devait participer avec les équipes de Hongrie et d’Australie. Les joueuses avaient donc été rapatriées au pays et s’étaient vu accorder à l’avance la semaine de récupération prévue dans leur programme d’entraînement.

Mais ce repos, qui devait se terminer jeudi dernier, doit maintenant se prolonger en raison des directives gouvernementales.

« Avec l’INS qui vient de fermer, les filles se retrouvent dans la même situation que les gars, finalement », observe le DG, qui ne minimise pas les conséquences sur l’équipe féminine par rapport à celles sur l’équipe masculine dans la chasse pour une qualification olympique.

« Les filles sont qualifiées, c’est vrai, mais elles ne peuvent pas s’entraîner ni compétitionner pour demeurer au sommet de leur forme. Elles sont prises comme les garçons », rappelle Goulet.