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J’en ai assez de ceux qui partagent de fausses infos sur Facebook

La pandémie fait augmenter les publications fausses sur les réseaux sociaux

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Photo d'archives, AFP Des travailleurs de la santé s’occupaient d’une patiente dans un hôpital de la Lombardie, en Italie, le 17 mars.

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Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront.  


Depuis le début de la pandémie, je vois des amis «Facebook» qui partagent des informations parfois fausses, sans vérifier d’où ça vient. Et ça m’exaspère.  

Comme journaliste, j’ai l’habitude de vérifier chacune des nouvelles qui ne proviennent pas d’une source fiable et connue. La pandémie de COVID-19 a fait exploser le nombre de publications nébuleuses sur les réseaux sociaux, provenant de sites internet douteux.     

Par exemple, «le virus meurt s’il est exposé à des températures de 26, 27 degrés». Une affirmation fausse, après vérifications (voir ci-dessous).     

Je pourrais ignorer ce genre de publication, par malaise ou pudeur, pour ne pas froisser la personne qui, la plupart du temps, veut bien faire. Je me pose souvent des questions, par exemple à quel moment devient-il impératif de réagir? En temps de crise sanitaire, n’est-il pas essentiel de stopper la propagation du virus et de fausses informations?     

J’ai finalement décidé d’intervenir auprès de connaissances qui avaient publié des informations trompeuses. Et j’invite tout le monde à faire la même chose. Même si j’ai toujours un malaise, que je ne veux pas froisser quelqu’un, je me sens obligé d’intervenir.  

En ces temps de crise sanitaire, j’espère transmettre quelques conseils à ces amis, afin de stopper la propagation de fausses informations.    

Mécanisme humain  

Ce n’est pas que les gens veulent mal faire. Ils cherchent plutôt à réconforter leurs proches angoissés par le virus, indiquent d’ailleurs les experts que j’ai consultés.  

«Vouloir se rassurer et rassurer les autres avec des réponses simples, mais pas nécessairement efficaces et fondées est un mécanisme humain bien connu», m’a expliqué en entrevue la psychologue Rose-Marie Charest.     

Ces messages peuvent cependant être dangereux, surtout durant une crise sanitaire qui tue des milliers de personnes tous les jours, rappelle Mme Charest. «Ça peut avoir un impact dévastateur», a-t-elle signalé. Un tel geste peut aggraver l’anxiété chez certaines personnes.      

«Pour le moment, la seule chose qui est rassurante, c’est de suivre les consignes basées sur la science», dit-elle.      

La psychologue Sonia Ginchereau ajoute que la tolérance à l’inconnu n’est pas la même pour tout le monde. «Dans les situations où les gens se sentent impuissants et vivent de l’insécurité, ils vont parfois tenter de se rassurer en puisant dans de vieilles recettes de grand-mère», relate-t-elle.  

Vérification faite  

En s'appuyant sur de mauvaises sources d’information, des gens pourraient abuser de faux conseils et se brûler, comme en croyant que prendre un bain chaud protège contre le nouveau coronavirus. Il s’agit pourtant d’un mythe (voir encadré).  

Il y a des choses moins graves, mais qui peuvent aussi créer des situations chaotiques.  

Il y a quelques jours, une rumeur de fermeture de la SAQ, en raison de la propagation du virus, circulait sur les réseaux sociaux. Des connaissances se sont précipitées dans les succursales afin de faire des provisions.  

Même s’il s’agissait d’une possibilité en raison du grand nombre de commerces qui ont fermé leurs portes, la SAQ est demeurée ouverte. Mais en temps de crise, la panique prend souvent le dessus sur la vérification. Des gens ont paniqué au lieu de vérifier.  

Des guides et des liens utiles          

  • Le journal Le Monde a créé un guide de grande qualité «pour distinguer les fausses rumeurs des vrais conseils».     
  • L’Organisation mondiale de la Santé a également conçu une page internet pour «en finir avec les idées reçues».     
  • Le gouvernement du Québec a aussi mis en ligne l’espace: Information sur le coronavirus (COVID-19).          

Des mythes qui se propagent aussi vite que le virus     

Le virus ne se transmet pas dans toutes les régions du monde  

FAUX. «Le virus de la COVID-19 peut se transmettre dans TOUTES LES RÉGIONS, y compris les zones chaudes et humides. Indépendamment du climat», mentionne l’OMS.     


Le virus meurt s’il est exposé à des températures de 26, 27 °C  

FAUX. Selon Le Monde, les spécialistes qui étudient la COVID-19 stérilisent leur matériel à 65 °C pendant plusieurs minutes. Il est d’ailleurs déconseillé de reproduire ce processus dans votre gorge. Consommer des boissons chaudes «ne sert à rien».     


Prendre un bain chaud protège contre la COVID-19  

FAUX. «Prendre un bain chaud n’empêche pas de contracter la COVID-19. La température du corps reste normale, entre 36,5 °C et 37 °C, quelle que soit celle de votre bain ou de votre douche. Par ailleurs, il peut être dangereux de prendre un bain très chaud à cause du risque de brûlure», indique l’OMS.