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N’oublions pas les animaux

Quebec
Photo Stevens LeBlanc L’adoption d’un animal, comme la belle Nelly, quatre mois, doit toujours se faire de façon éthique et responsable, insiste Félix Tremblay. « On ne veut pas que les gens viennent adopter un animal dont ils ne prendront pas soin, mais pour se faire plaisir. »

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Y aura-t-il moins de gens intéressés à adopter un animal ? Y aura-t-il plus d’animaux abandonnés ? Voilà toutes des questions qui sèment l’inquiétude à la Société protectrice des animaux (SPA) de Québec, en raison de la crise du coronavirus.

Comme propriétaire d’adorables bêtes à poils et à plumes, je peux témoigner de tout le réconfort et l’apaisement que procurent ces petites bêtes. C’est d’autant plus vrai en ce moment. Leur présence et leur joie de vivre diminuent également cette sensation d’isolement que nous ressentons tous depuis la semaine dernière.

Néanmoins, ces derniers jours, alors que le taux d’abandons se maintient à la SPA de Québec, on constate que la fréquentation du refuge en vue d’adopter un animal a diminué de façon notable.

« Comme les adoptions se passent beaucoup la fin de semaine, celle qui vient [qui est en cours] sera déterminante », souligne son directeur général, Félix Tremblay.

Plusieurs raisons peuvent expliquer la situation, à commencer par le fait que les gens sont confinés à la maison. Puis, la SPA a dû resserrer ses règles à l’accueil, par mesure de sécurité. Les gens qui venaient promener des chiens ou caresser des chats doivent être refusés. On leur demande de revenir dans deux semaines.

Quant à la porte d’entrée, elle est désormais verrouillée. Pour y avoir accès, il faut répondre à des questions en lien avec le virus. Bref, tout cela n’a rien pour susciter l’envie d’aller y faire un tour, mais la situation l’oblige néanmoins. On souhaite en effet protéger les employés de la SPA, dont on a besoin plus que jamais.

Pas de contamination

Félix Tremblay souhaite d’ailleurs rappeler que les animaux ne transmettent pas la COVID-19, car ils ne peuvent pas être infectés par la maladie.

Bien sûr, il vaut mieux éviter de toucher les chiens des autres, au même titre qu’il vaut mieux éviter les contacts avec les gens qui ne vivent pas sous le même toit que nous. Le virus pourrait se retrouver sur le poil, comme il peut se retrouver sur la peau ou sur un objet, sans plus.

Autre crainte

Puis, la crise économique majeure qui se dessine fait aussi craindre le pire. « Y aura-t-il plus de gens qui vont abandonner leur animal parce qu’ils n’auront plus les moyens d’en prendre soin ? » s’interroge le directeur.

Lorsqu’on adopte un animal, il faut en effet prévoir au moins 100 $ de dépenses par mois. Si vous me demandez si le bénéfice qu’on en retire est plus grand, cela va de soi. En fait, ce bénéfice ne se calcule même pas en termes financiers.

Néanmoins, avec la période de reproduction animale et les déménagements qui sont à nos portes, la SPA craint une vague d’abandons due à la crise actuelle, qui s’ajouterait à la cohue habituelle qui caractérise le début de l’été.

« Un peu comme la gestion du coronavirus, nous, on est capables de gérer une bonne quantité d’animaux à l’année, mais si on les reçoit tous en même temps, là on a un problème. »

Le but d’un refuge n’est absolument pas de servir de « grand entrepôt » pour animaux, mais plutôt de les accueillir quelques jours en attendant qu’une famille les adopte. Avis aux intéressés, qui auraient envie de s’investir et d’aimer une petite bête, en plus d’avoir besoin d’une bonne dose de réconfort à long terme.