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Un clown triste pour les réfugiés qu’il a abandonnés

Une troupe d’artistes a dû être rapatriée au Canada à cause de la pandémie

Guillaume Vermette, alias Yahoo, a amusé des réfugiés birmans, en janvier 2017.
Photo courtoisie Guillaume Vermette, alias Yahoo, a amusé des réfugiés birmans, en janvier 2017.

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TROIS-RIVIÈRES | Un clown humanitaire de la Mauricie qui a dû rapatrier au pays une équipe d’artistes de cirque a le cœur lourd en pensant aux camps de réfugiés abandonnés par l’aide internationale.  

Le clown Guillaume Vermette, 32 ans, voudrait continuer de répandre du bonheur, mais il gère des crises à longueur de journée. Le Trifluvien s’occupe d’un groupe d’une trentaine d’artistes et, il y a quelques jours, il a dû en sortir cinq d’un camp de réfugiés en Europe dont le pays doit rester secret. Trois acrobates, une clown et un musicien.    

Son organisme, qui ne roule pas sur l’or, a dû payer 10 000 $ en billets d’avion.    

Oui, en ce moment, je me sens impuissant, surtout déçu et un peu épuisé de tout ça», laisse-t-il tomber.    

Deux autres projets d’aide humanitaire qui devaient se tenir dans les prochains mois ont aussi été annulés. On intervient auprès de réfugiés qui vivent déjà dans des conditions où leur santé et leur vie [sont] en jeu au quotidien, et là, c’est décuplé avec l’évacuation de tous les organismes d’aide humanitaire. Ça m’attriste, ça me fâche, c’est ma préoccupation première»    

<b>Guillaume Vermette</b><br /><i>Clown humanitaire</i>
Photo courtoisie
Guillaume Vermette
Clown humanitaire

Guerre  

Il n’a aucune idée de la manière dont les réfugiés s’en tirent dans les camps, et ça lui fait une boule dans la gorge quand il y pense. «Ça fait 15 ans que je côtoie l’humanitaire, et je n’ai jamais vu de mesures drastiques comme ça. Les organismes restaient plus sur place avec les guerres qu’avec la COVID-19», mentionne-t-il.    

À cela s’ajoutent les annulations d’à peu près tous les projets prévus au Québec, notamment pour les performances en CHSLD et les conférences dans les écoles.    

Il a perdu pour 10 000 $ de contrats et les annulations s’accumulent.    

«C’est sûr que c’est un gros coup, mais on va s’en sortir. Ça va juste nous ralentir pendant un temps», dit-il.    

Le clown trifluvien fait du bénévolat en attendant que la situation se stabilise. Il s’est entre autre amusé, cette semaine, à mettre des personnes âgées ou vulnérables en contact avec des gens capables d’aller faire leur épicerie. Il a aussi lancé une campagne de financement pour aider son organisme à passer à travers la crise, et a amassé plus de 15 000 $ jusqu’à présent.