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COVID-19: Le Canada frappe, Tokyo tremble

Le boycottage du Comité olympique canadien déclenche un mouvement international

David Shoemaker, chef de la direction du Comité olympique canadien
Photo courtoisie COC David Shoemaker, chef de la direction du Comité olympique canadien

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Un feu allumé dimanche par le Comité olympique canadien (COC) a accéléré la surchauffe sur Tokyo, qui l’avoue maintenant : oui, les Jeux olympiques d’été peuvent être reportés.

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La planète olympique tremble depuis que le COC a annoncé son boycottage si les Jeux ne sont pas repoussés en 2021 en raison de la pandémie de COVID-19. Comme quoi l’épicentre du séisme se trouve bel et bien au Canada, le Montréalais Dick Pound, membre ténor du Comité international olympique (CIO), a soutenu lundi que les Jeux seront probablement décalés d’une année, une première dans l’histoire des cinq anneaux.     

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 « Sur la base des informations dont dispose le CIO, le report a été décidé », a affirmé au USA Today le président fondateur de l’Agence mondiale antidopage.

« Les paramètres n’ont pas été déterminés, mais les Jeux ne commenceront pas le 24 juillet, selon ce que je sais », a ajouté Pound, qui prétend que les détails suivront durant le délai de quatre semaines que s’est donné dimanche le CIO pour fixer le sort des JO.

Un report « pourrait devenir inévitable », a finalement concédé le premier ministre Shinzo Abe devant le parlement japonais, lundi matin, quelques heures après le coup de canon parti du Canada.

Les nations se liguent 

Le COC est devenu la première instance nationale à perdre ouvertement patience. Peu après, celles de l’Australie et de la Norvège ont aussi demandé à leurs athlètes d’oublier Tokyo si les Jeux ne sont pas reportés en 2021.

La suite s’est transformée en une chorale de dissuasion à l’endroit de l’instance suprême. La Nouvelle-Zélande a poussé la note, puis il y a eu l’Allemagne, la Suisse, la Grande-Bretagne, la Pologne, le Brésil et la Slovénie.

« Report inévitable », a clamé la France.

« Si on n’a pas d’avis d’experts nous assurant que le virus est maîtrisé [d’ici juillet], nous devrons prendre une décision dans l’intérêt de nos athlètes », a avisé la Jamaïque, terreau fertile en sprinteurs.

La délégation canadienne lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Rio en août 2016.
Photo d’archives, AFP
La délégation canadienne lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Rio en août 2016.

Conséquences aux États-Unis 

Ce mouvement amorcé ici pourrait générer une autre cascade aux États-Unis. Déjà que les puissantes fédérations américaines d’athlétisme et de natation avaient sommé le CIO de modifier l’année de la grand-messe olympique, la semaine dernière, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a ouvert une brèche pour aider Tokyo dans un éventuel report. Le président Sebastian Coe dit avoir entamé des discussions avec la ville de Eugene, en Oregon, pour repousser à 2022 les prestigieux Championnats mondiaux prévus l’an prochain.

« L’avis unanime chez nos membres est qu’organiser les Jeux cette année en juillet n’est ni faisable ni souhaitable », avait exprimé Coe dans une lettre adressée dimanche au président du CIO, Thomas Bach.

Réputation canadienne 

Le premier ministre Justin Trudeau a salué lundi la décision de son organisme olympique. Même privés de participer aux JO, la majorité des athlètes canadiens ont dit comprendre ce tournant historique du COC, qui affirme l’avoir effectué après avoir entendu leurs doléances. En plus des risques liés à l’épidémie du coronavirus, les sportifs sont confrontés depuis deux semaines à une préparation inadéquate dans un contexte olympique en raison des sites d’entraînement inaccessibles et des épreuves de sélection reportées ou des compétitions annulées.

« J’aimerais que le sport canadien soit perçu à l’échelle internationale comme une communauté qui prend des décisions ensemble, mais aussi qui, durant une période de crise, laisse tomber l’attention sur des médailles d’or et priorise plutôt la santé de ses athlètes et de sa population à travers le pays », a réitéré lundi le chef de la direction du COC, David Shoemaker.

Le COVID-19 oblige même le sport à se mobiliser.