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COVID-19: Québécois coincés au Pérou

L’armée surveille les allées et venues dans ce pays d’Amérique du Sud en raison de la pandémie de COVID-19

HEALTH-CORONAVIRUS/PERU

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Des centaines de Québécois sont pris au Pérou, où l’armée a envahi les rues pour contrôler les allées et venues dans une ultime tentative de contrôler l’épidémie de COVID-19.  

 Tout s’est enchaîné à une vitesse folle pour la dizaine de Québécois joints par Le Journal hier au Pérou.     

La majorité avait entendu parler du nouveau coronavirus avant de partir, mais l’ampleur de la crise n’était pas comparable avec la situation actuelle.    

Ils ont été pris de court par la décision du président péruvien Martin Vizcarra d’annoncer, le 15 mars dernier, la fermeture des frontières à environ 24 heures de préavis.    

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Jade Castonguay et Pierre-Philippe Tremblay, deux Québécois coincés au Pérou, à QUB Radio:

Plusieurs Québécois se sont rendus à l’aéroport de Lima à temps, mais n’ont pas réussi à se boucler un vol avant la fermeture des frontières le 16 mars à 23 h 59.    

«C’était l’enfer à l’aéroport. Il y avait du monde partout et tous les vols étaient bookés. Personne ne savait rien», raconte Marc-André Hamel, 29 ans, de Laval, qui en est à son premier voyage à vie.    

La police et l’armée ont ensuite été déployées dans les rues du pays pendant les jours qui ont suivi, pour contrôler les déplacements.     

Des militaires devant un hôtel de Lima.
Photo AFP
Des militaires devant un hôtel de Lima.

Mesures de guerre  

Depuis, ce sont des mesures de guerre : tout est fermé sauf les épiceries et les pharmacies, couvre-feu de 20 h à 5 h, pas d’attroupements, nulle part, sous peine d’amende ou de prison.     

Il y a également des barrages militaires un peu partout, et les gens sont surveillés de près.    

 Les Québécois coincés loin de la capitale de ce pays d’Amérique du Sud se demandent comment ils vont faire pour atteindre Lima, car les déplacements entre régions ne sont pas autorisés.    

Carl Tardif de Brossard a fêté ses 41 ans à Cusco vendredi dernier. Il ne succombe pas à la panique, même s’il a eu une bonne frousse quand il y a eu un petit tremblement de terre, samedi.     

«Quand tu n’es pas chez vous, dans un pays étranger, et que les murs commencent à branler. Tu t’inquiètes. Et après ça, on a perdu l’électricité», raconte-t-il.     

La panne du quartier a toutefois été rétablie quelques heures plus tard. Cusco est à 1 h 30 d’avion de la capitale Lima.    

La Montréalaise Vanessa Gagnon, 31 ans, était dans le village d’Urubamba, à environ 20 heures de voiture de la capitale, quand un autobus nolisé par le Canada est venu la chercher. Avec d’autres Canadiens, elle a été amenée à Cusco.    

«J’ai choisi d’avoir confiance et d’attendre», dit-elle.    

Insécurisant  

Joël Martinez, coincé à Mancora avec sa conjointe, raconte qu’il voit l’armée à tous les 500 mètres quand il va acheter des provisions.    

«On se sent tout le temps un peu plus en confiance à la maison. Quand tu es dans un autre pays, tu ne sais pas à quoi t’attendre», souligne-t-il.    

Le document que Joël Martinez doit traîner pour pouvoir aller faire les courses.
Photo courtoisie
Le document que Joël Martinez doit traîner pour pouvoir aller faire les courses.

À Lima, les gens se sentent observés par les forces de l’ordre, armes aux mains.    

Personne n’a rapporté au Journal d’incidents majeurs avec les forces de l’ordre, mais plusieurs trouvent ça insécurisant.     

Mathieu Larochelle sur son balcon dans la capitale du Pérou.
Photo courtoisie
Mathieu Larochelle sur son balcon dans la capitale du Pérou.

Mathieu Larochelle de Sainte-Thérèse a d’ailleurs été interpellé par l’armée quand il est allé faire l’épicerie avec un autre Québécois. «On a été bien avertis que c’est une personne par logement qui peut sortir. Une personne à la fois, pas deux», raconte-t-il.     

Il a trouvé ça ordinaire et plate.    

Certains Québécois ne pourront pas attendre indéfiniment d’être rapatriés.    

Claire Geneau, de Mont-Laurier est notamment coincée à Arequipa. Elle est greffée du rein et immunosupprimée.    

«Rester ici ne fait pas mon affaire du tout!» lance la femme de 62 ans.    

Marc Petit, de Saint-Constant sur la Rive-Sud, est pour sa part à Iquitos, tout au nord du pays, et souhaite un plan d’action bientôt.    

«Il n’y a rien de concret», se désole-t-il.    

Il y aurait environ 4300 ressortissants canadiens au Pérou présentement.