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«Une décision difficile, mais réfléchie»

Les plongeuses Meaghan Benfeito et Jennifer Abel saluent l’initiative du Comité olympique canadien

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Photo Agence QMI, Ghyslain Lavoie Jennifer Abel et Meaghan Beinfeito sont prêtes à attendre une année de plus pour réaliser leur rêve de vivre une dernière participation aux Olympiques.

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« En ce moment, la santé, c’est ce qu’il y a de plus important. Des compétitions et des événements, ça peut se reporter, mais pas la vie des gens. »

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Meaghan Benfeito a salué sans hésitation la décision du Comité olympique canadien (COC) de faire l’impasse sur les Jeux olympiques de Tokyo. La plongeuse de 31 ans est d’autant plus fière que l’organisation canadienne a fait preuve de leadership en étant la première délégation à se prononcer en ce sens. 

« Au Canada, on ne récolte peut-être pas autant de médailles que les autres pays aux Jeux olympiques d’été, mais on est respecté de tout le monde. Tellement, que j’ai l’impression que les autres pays vont suivre, a indiqué la Montréalaise dans une entrevue téléphonique accordée au Journal de Montréal. Ce fut une décision difficile, mais réfléchie. »

Au moment de joindre l’athlète, lundi en fin d’avant-midi, l’Australie, la Pologne et la Norvège avaient déjà emboîté le pas.

Jennifer Abel, sa coéquipière au sein de l’équipe nationale de plongeon, abondait dans le même sens.

« C’est assurément un choc de dire qu’on ne va pas aux Jeux olympiques. Par contre, c’est la meilleure décision par rapport à la santé des gens », a-t-elle soutenu.

Tout n’est pas perdu

À première vue, en tirant un trait sur les Jeux olympiques de Tokyo, les athlètes jettent au rancart quatre ans de préparation. Une observation avec laquelle Abel n’est pas tout à fait d’accord.

« Oui, ces quatre années servent de préparation. Cependant, il y a beaucoup plus que ça. Au cours des trois dernières années, j’ai pu ajouter des titres de plus en étant championne du Commonwealth et championne panaméricaine, a-t-elle rappelé. C’est pour ça que pour moi, ce ne fut pas une perte de temps. »

D’ailleurs, le titre olympique est le seul qui manque au palmarès de la Lavalloise. Elle souhaitait profiter de sa présence à Tokyo, où elle comptait se produire sur la scène olympique une dernière fois, pour remédier à la situation.

« Tokyo devait servir à fermer un super de beau chapitre de ma vie », a-t-elle déclaré.

Et tout semblait vouloir se mettre en place. À la dernière étape des Séries mondiale de plongeon, disputée à Montréal au début du mois, Abel a remporté les épreuves du 3 mètres (en plus d’ajouter des médailles d’or au 3 mètres mixte et au 3 mètres synchro.)

Quatre ans, c’est trop loin

Cela dit, les espoirs ne sont pas anéantis. Le COC aimerait proposer au Comité international olympique de repousser d’une année ces Jeux de la XXXIIe Olympiade. Voilà qui serait du jamais-vu dans l’histoire de ce grand rassemblement sportif, annulé trois fois (1916, 1940 et 1944) en raison des deux guerres mondiales.

Pour Benfeito, ce report se voudrait pratiquement une bénédiction. Aux prises avec une tendinite au coude gauche depuis près d’un an, elle n’est pas encore au sommet de sa forme. D’ailleurs, elle n’avait pas encore été en mesure d’obtenir sa qualification officielle pour les Jeux. L’annulation des deux dernières épreuves des Séries mondiales lui a coupé l’herbe sous le pied dans cette quête.

« Ça me permet de regarder le côté positif de la situation. Si ça me donne un an et quelques mois de plus, ça me donnera la chance d’arriver en 2021 complètement guérie », a mentionné celle qui serait même prête à patienter deux ans.

Pas question pour l’athlète de 31 ans, cependant, d’étirer l’attente sur quatre ans, advenant une annulation.

« J’avais dit que ce serait mon dernier cycle olympique. Quatre ans, c’est loin. Trop loin pour moi », a-t-elle déclaré avant de laisser une porte ouverte.

« On va voir. Je vais prendre ça une journée à la fois. On ne sait jamais », a-t-elle ajouté.

De son côté, sa coéquipière Abel, qui s’apprêtait également à disputer ses quatrièmes JO, est plus catégorique.

« Je ne penserais pas y être. Quatre ans, c’est long. J’avais prévu que ces Jeux-ci seraient mes derniers. »