/opinion/columnists
Navigation

«Assez, c’est assez!»

Coup d'oeil sur cet article

Les sourcils froncés, l’air sévère, Justin Trudeau a lancé hier un ultimatum­­­ aux Canadiens. Restez­­­ chez vous, sinon... 

Sinon le gouvernement fédéral songe sérieusement à vous y contraindre. 

Le recours à la Loi sur les mesures d’urgence, qui a succédé à la Loi sur les mesures de guerre, fait son chemin dans l’esprit du premier ministre. 

On lisait hier, en conférence de presse, l’exaspération sur son visage. Justin Trudeau semble même un peu étonné de devoir hausser le ton. 

Il n’est pas trop tôt. 

Notre premier ministre aime bien se gargariser de bons sentiments sur le caractère de ce que nous sommes censés être « en tant que Canadiens » : de bons citoyens courtois et respectueux des lois. 

Notre réputation serait-elle un peu surfaite ? 

« Nous avons tous vu les images de gens qui semblent croire qu’elles sont invincibles. Eh bien non », a-t-il lancé d’un ton réprobateur. « Assez, c’est assez. Rentrez chez vous et restez-y ! » 

C’est le message que martèlent en boucle les autorités sanitaires. Plusieurs­­­ n’ont malgré tout toujours pas compris.  

Effort mental 

Dans les parcs, un peu partout au Québec, des gens prennent l’apéro comme si de rien n’était. À Vancouver, où le temps s’adoucit plus vite qu’ici, les plages sont assaillies de flâneurs à la recherche d’un brin de soleil vitaminé.  

Rester cloîtré chez soi constitue un effort mental que l’arrivée du printemps ne fera que rendre plus ardu. Pendant ce temps, le nombre de cas de coronavirus grimpe en flèche.  

Le gouvernement Trudeau lancera une campagne publicitaire de 30 millions $ dans l’espoir de convaincre les plus récalcitrants. Plus personne ne pourra plaider l’innocence, a affirmé le premier ministre. Une menace à peine voilée. 

Donc nous y voici. Face à l’indiscipline de la population, quel doit être le rôle du gouvernement fédéral ? Le Québec et l’Ontario ne sont pas encore prêts à voir Ottawa prendre plus de place. François Legault préfère encore, pour l’instant, se fier à la bonne foi des Québécois. 

D’autres provinces, comme le Nouveau-­Brunswick, croient au contraire que le fédéral doit avoir recours à la Loi sur les mesures d’urgence pour freiner la pandémie. 

À la guerre comme à la guerre.