/news/coronavirus
Navigation

Cinq Québécois prisonniers à 3400 mètres d’altitude

... et l’hôtel au Pérou où ils sont coincé a deux cas positifs de coronavirus

Pérou prisonniers
Photo courtoisie Les Canadiens Léa Harvey, Antoine Pouliot Hamel, Raphaëlle Daigle, Anthony Marco, William Fafard, Zack Salek et Raphaël Prud’homme, coincés au Pariwana Hostel, à Cusco, au Pérou.

Coup d'oeil sur cet article

Cinq Québécois sont confinés dans une auberge du Pérou et craignent d’y être prisonniers pour plus d’un mois alors que l’armée a clôturé leur rue. 

« On ne peut pas sortir du tout dans la rue. L’armée et la police sont là. C’est plutôt totalitaire ici. Je ne me sens pas très à l’aise, lançait mercredi Antoine Pouliot Hamel. Ils lavent les rues à la brosse comme si on avait postillonné dessus. » 

Le Québécois de 33 ans est cloîtré au Pariwana Hostel de Cusco, à environ 3400 mètres d’altitude, avec Raphaëlle Daigle, Léa Harvey, William Fafard, Raphaël Prud’Homme, quatre autres Québécois qu’il a croisés par hasard. Ils sont une dizaine de Canadiens, au total. 

  • ÉCOUTEZ Raphaëlle Daigle à QUB radio:

Le Journal rapportait d’ailleurs le périple de certains d’entre eux la semaine dernière. Leur situation ne semble pas avoir progressé depuis. 

Sur des clichés pris mercredi de leur balcon et qu’ils nous ont fait parvenir, on peut apercevoir des clôtures aux extrémités de leur rue. Des gardes les surveillent jour et nuit. 

Leur rue est bloquée aux extrémités par l’armée et la police.
Photo courtoisie
Leur rue est bloquée aux extrémités par l’armée et la police.

Terrain de jeu dangereux 

« Ils viennent de confirmer deux cas positifs [de coronavirus dans l’hôtel]. Le gérant a dit qu’on pourrait être coincés ici d’un à trois mois », a raconté le voyageur. 

Un document qui venait de leur être remis souligne même qu’un échec à suivre les règles établies par le gouvernement péruvien pourrait leur valoir entre cinq et 10 ans de détention. 

M. Pouliot Hamel déplore la mauvaise gestion de l’administration de son auberge depuis le début de la propagation de la COVID-19. Selon lui, aucune précaution n’a été prise.  

« Il y a toujours des rassemblements de 50 à 60 personnes pour des cours d’espagnol, de danse, de yoga et autres activités. Avec des gens d’un peu partout sur la Terre, c’était certain que quelqu’un allait contracter le virus, s’est-il insurgé. On paie pour leur insouciance. » 

Léa Harvey, en larmes, parlait au téléphone avec un proche après avoir appris qu’elle serait peut-être prise à cet endroit pour plus d’un mois.
Photo courtoisie
Léa Harvey, en larmes, parlait au téléphone avec un proche après avoir appris qu’elle serait peut-être prise à cet endroit pour plus d’un mois.

« Si ce n’était pas de leur désinformation, je serais déjà rentré chez nous depuis une semaine, a estimé le trentenaire. On nous avait dit que si on sortait de l’hôtel, on ne pourrait pas revenir. » 

Sans compter que ce dernier a déjà subi cinq chirurgies cardiaques. Cela fait de lui un cas à risque. Et il doute qu’il puisse avoir accès à des soins de santé adéquats. 

« Comme d’autres ici, je fais de la fièvre et je tousse. Lundi, je grelottais et mon rythme cardiaque était très accéléré, a-t-il confié. J’ai hâte de reprendre le contrôle. C’est inquiétant. » 

Peu optimiste 

Mercredi, les Canadiens coincés au Pérou ont appris que le fédéral tentait d’obtenir un vol demain à ceux qui se trouvent à l’extérieur de la capitale, Lima. 

« Je serais surpris qu’il réussisse à nous sortir du Pariwana », s’est désolé Antoine Pouliot Hamel, sceptique. Ses comparses, qui perdent espoir, et lui implorent le gouvernement de les sortir de là.