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Mises à pied massives: les chefs syndicaux compréhensifs à Québec et Lévis

Le maire de Québec Régis Labeaume
Photo Simon Clark Le maire de Québec Régis Labeaume

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Malgré la mise à pied de plus de 2300 employés temporaires ou saisonniers à Québec et Lévis, plusieurs chefs syndicaux disent comprendre la décision des municipalités dans le contexte actuel.  

Loin de déchirer leur chemise, les leaders joints par Le Journal mercredi, au lendemain de l’annonce, se sont montrés plutôt compréhensifs en raison des circonstances exceptionnelles découlant des mesures de confinement imposées par le gouvernement.   

«C’est sûr que c’est dommage quelqu’un qui perd sa job, mais c’est temporaire. La Ville devrait ramener ces gens-là au travail après la crise», a réagi le président du syndicat des cols blancs, Réal Pleau. À Québec, pas moins de 2000 employés temporaires, tous secteurs confondus, ont été mis à pied, incluant quelques centaines au sein de son unité syndicale.   

«On vit quelque chose d’exceptionnel. Moi, vous et les plus jeunes ne revivront probablement jamais ça, ce qu’on vit là; alors on n’a pas le choix et au niveau légal, ces gens-là n’ont pas de droits puisqu’ils sont temporaires. C’est ben plate pour tout le monde», a-t-il relativisé, rappelant que la Ville de Québec était loin d’être la seule. «Hier, partout dans la province, les villes faisaient des mises à pied.»   

Le même sentiment d’impuissance animait le président du syndicat du personnel occasionnel de Québec, Louis Poulin. La majorité de ses quelques 350 membres avaient déjà été mis à pied la semaine dernière, dans la foulée de la fermeture des installations municipales et des plateaux sportifs. «Là-dessus, on a environ 60% de nos membres qui font entre 5 et 25 heures, mais on en a aussi peut-être 30 à 40% qui font du temps plein.»  

Mises à pied dans les bibliothèques  

La Ville de Québec a par ailleurs confirmé que les 25 employés municipaux qui travaillent dans les bibliothèques sont présentement à la maison, mais continuent à être rémunérés. Ce sont des employés réguliers et permanents.   

Il en va autrement pour plusieurs employés qui travaillent pour l'Institut canadien de Québec (ICQ), qui est le gestionnaire des bibliothèques municipales et qui est mandaté par la Ville. L'ICQ a mis à pied temporairement 220 commis de bibliothèque, a indiqué le porte-parole de la Ville, David O'Brien. «De plus, 50 employés de l’ICQ sont en télétravail et sont dédiés aux services en ligne (collections numériques, prêts et vente de livres numériques, etc.)», précise-t-on. Ces 220 mises à pied s'ajoutent aux 2000 qui ont été annoncées mardi par le maire Régis Labeaume.  

Pas d’animosité à Lévis  

À Lévis, les principaux leaders syndicaux n’en veulent pas, non plus, à l’administration Lehouillier pour les coupes temporaires. Le président des cols bleus, Gérard Poirier, a insisté sur «l’excellente relation» avec la Ville et l’aide actuellement fournie pour accélérer le processus d’accès à l’assurance-emploi.   

«On parle surtout de préposés qui s’occupaient des plateaux sportifs dans les écoles. Mais il n’y a plus d’activités. Le besoin n’est plus là. La Ville n’a pas le choix. On n’a pas été capable de leur trouver une autre job. On a vraiment cherché des solutions, mais on n’en avait pas», a-t-il commenté.   

M. Poirier dit ne pas avoir de crainte de pertes d’emploi pour d’autres membres du syndicat. «COVID-19 ou pas, il faut bien que nos employés des Travaux publics bouchent les trous dans les rues», a-t-il illustré. La convention collective des cols bleus est échue depuis le 31 décembre 2019. Les négociations pour son renouvellement ont été suspendues à cause de la pandémie.   

Cols blancs  

Chez les cols blancs et les professionnels, la présidente du syndicat Isabelle Émond a indiqué que les pertes d’emploi touchaient environ 120 employés temporaires du secteur aquatique (sauveteurs et moniteurs) ainsi que quelques employés des bibliothèques. «On comprend la décision de la Ville, a-t-elle assuré. Ils n’ont pas de travail à leur confier.»   

Mme Émond a par ailleurs loué des efforts de la municipalité en matière de télétravail. «L’employeur a fait preuve de beaucoup d’ouverture et de souplesse concernant les horaires de travail par exemple. La quasi-totalité des nos membres qui peuvent être en télétravail le sont», a-t-elle ajouté.   

- Avec la collaboration de Taïeb Moalla et Stéphanie Martin