/entertainment/tv
Navigation

Janette Bertrand célèbre ses 95 ans

POL-CEREMONIE-HOMMAGE-LISE-PAYETTE
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – C’est en confinement, en suivant les directives du premier ministre François Legault, que Janette Bertrand célèbre ses 95 ans, ce mercredi, 25 mars.  

• À lire aussi: La «rebelle» Janette se met en «mode obéissance» 

L’auteure et animatrice avait confié mardi au micro de Sophie Durocher, à l’émission «On n’est pas obligé d’être d’accord», à QUB radio, que, contrairement à d’habitude, il n’y aura pas de grandes célébrations pour son anniversaire cette année, ce qui ne la déçoit pas le moins du monde.  

«Je n’aurai pas de gros "party", a raconté Janette. Chaque année, il y a un immense "party" à ma fête. C’est chez Isabelle et chez Dominique [ses deux filles, NDLR], qui sont voisines (...) Toute la "gang", mes amis viennent, c’est un immense "party", une immense cabane à sucre, si on veut. (...)»  

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec l’auteure Janette Bertrand dans l'émission On n'est pas obligé d'être d'accord à QUB radio:

«Cette année, on est tous les deux seuls, et c’est correct (...) Je suis contente de faire ça pour les autres», a ajouté la communicatrice, en faisant référence à son conjoint, Donald Janson, avec qui elle traverse cette période d’isolement. Janette Bertrand a néanmoins précisé que son fils Martin, «qui est plus jeune», ira leur chercher un souper.  

«Sauver notre vie»  

Celle qui affirme ne pas avoir l’impression d’avoir 95 ans, que l’âge n’est qu’un chiffre, a indiqué à Sophie Durocher ne pas trouver difficile de rester à la maison pendant la pandémie de COVID-19.  

«Je ne suis pas toute seule. J’ai la chance d’avoir un conjoint. Il y en a qui peuvent trouver ça très difficile, moi je ne trouve pas ça difficile du tout. (...) Je relis des livres que je n’avais jamais le temps de relire. J’ai fait une trâlée de beignes dimanche (rires). On fait à manger, on s’occupe, et le temps passe vite. Il faut s’occuper. Et je ne regarde pas toutes les nouvelles. Je fais attention de ne pas m’écoeurer», a expliqué la dame, qui planche aussi sur l’écriture d’un nouveau roman.  

«Ce qui est essentiel en ce moment, c’est de sauver notre vie. Si on ne veut pas sauver notre vie, sauvons au moins celle des autres», a martelé Janette.  

Plus tôt cette semaine, à la demande de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, Janette Bertrand avait aussi enregistré une vidéo pour convaincre les gens âgés de se conformer aux directives du gouvernement et de ne pas sortir à l’extérieur.  

Dans la capsule, toujours disponible sur le web, on voit Janette Bertrand, les larmes aux yeux, brandir une tablette où est exposée la photo de sa sixième arrière-petite-fille, Charlie, née il y a quelques jours à peine. Charlie est le bébé de Félix Lajeunesse-Guy – le fils d’Isabelle Lajeunese, fille de Janette – et sa conjointe.  

«J’aimerais tellement ça, la serrer dans mes bras, lui compter les orteils et voir si elle les a toutes (...) Mais je ne le ferai pas. Je n’irai pas la voir. Par respect pour elle, pour sa famille, ses parents, ses grands-parents. C’est important. Écoutez ce que Monsieur Legault nous dit, chaque jour, à une heure. En tout cas, moi, je ne le ferai pas, et je suis une rebelle. Je demande à tous les rebelles de mon âge, et plus jeunes, de se mettre en mode obéissance», a exprimé Janette dans son message viral.  

Une salle à son nom  

En l’honneur des 95 ans de Janette Bertrand, la SARTEC (Société des auteurs de radio, télévision et cinéma) annonçait mercredi l’inauguration, dans ses bureaux, d’une salle à son nom.  

«Auteure immensément prolifique, Janette a brisé les conventions, ouvert la discussion, donné la parole aux gens ordinaires, osé et permis la confrontation d’idées et d’opinions», a souligné le président de la SARTEC, Mathieu Plante, dans un communiqué.  

«Par son approche populaire et son écriture portant sur les sujets délicats, elle a convaincu les Québécois du bien-fondé de LEUR télévision.»  

Joanne Arseneau, vice-présidente de la SARTEC, a pour sa part rappelé que même les Français étaient tombés sous le charme de Janette Bertrand au moment où sa série «Quelle famille!», sous le titre «Les Tremblay», était diffusée en France. À cette époque, rares étaient les émissions québécoises qui perçaient le marché français.  

«Il était donc tout naturel que le nom de notre grande pionnière soit associé à la maison des auteurs et des recherchistes du cinéma et de la télévision», a salué Joanne Arseneau.  

Celle qui a jadis, de l’avis de plusieurs, «déniaisé le Québec», grâce à des rendez-vous comme «Toi et moi», «Quelle famille!», «Grand-papa», «L’Amour avec un grand A» et «Parler pour parler», a pu admirer à distance les images de conception de la salle qui porte désormais son nom, et qui sera ornée d’un grand A en guise de clin d’œil. Ce local accueillera réunions et formations d’auteurs et recherchistes en cinéma et télévision et adaptateurs en doublage.  

«Je tiens à remercier mes pairs pour cet honneur et à les rassurer de ma présence à son inauguration, mais seulement lorsque le confinement auquel le Québec doit s’astreindre sera levé», a réagi Janette Bertrand devant cet hommage.