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Pause

Serious woman sitting on couch in living room with phone
Photo Adobe Stock

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Le Québec au complet ou presque est bloqué sur la touche pause.  

D’aucuns aimeraient appuyer sur fast forward, d’autres voudraient retourner en arrière... Soyons honnêtes, «vivre le moment présent» nous rend fous.  

Aurions-nous pu imaginer que l’État régirait jusqu’au moindre de nos déplacements et nous mettrait à l’arrêt?  

On ne sort plus, on travaille de chez nous si on a encore une job. Plus d’école ni de garderie, commerces fermés, entreprises à la dérive, emplois perdus, tout ça nous est tombé dessus en quelques jours.  

Nous sommes plusieurs à ne pas savoir quand nous reverrons la couleur d’un chèque de paie.   

L’État promet qu’il nous portera assistance... Mais le système peine à répondre aux demandes d’aide des citoyens désemparés.   

On ne sait pas ce qui nous attend, l’anxiété nous étreint.  

Pour nous réconforter, Madonna nous envoie des photos d’elle, cheveux tirés, teint diaphane, elle se relaxe à la lueur des chandelles dans un bain moussant où flottent quelques pétales de roses.  

Gwyneth Paltrow nous recommande, elle, de profiter de cette réclusion pour apprendre une nouvelle langue ou encore écrire un roman.  

T’inquiète, ma Gwyneth, je me lance dès demain dans l’apprentissage de l’ouzbek.  

Ça fait du bien de voir que nos stars d’Hollywood font face à la musique elles aussi...  

Nous ne sommes pas tous égaux devant la COVID-19.  

Trump tient un discours qui laisse son épidémiologiste de service, le docteur Fauci, pantois.   

Le Joker orange compte repartir la machine d’ici Pâques.   

Le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, ne sait plus à quel saint se vouer tant la situation tourne au drame dans son fief. Mais le Joker orange n'en a cure...   

Chez nous, la situation n’est pas rose. Sur le plan économique, le prix de cette mise sur pause sera élevé.  

Au moins, le premier ministre du Québec s’adresse à nous comme à des gens intelligents.  

Je trouve ça réconfortant. Rien ne m’insupporte davantage que de me faire parler comme à une «petite pas fine».  

Puisque je suis bouclée chez moi en quarantaine, le temps fort de ma journée survient à 13 h devant la télé lors de la conférence de presse quotidienne de notre trio de superhéros. 

Ce mardi 24 mars, le docteur Horacio Arruda portait un bel habit gris, une cravate et un mouchoir de poche rouge, des boutons de manchettes et un bracelet-montre assorti. Beau bonhomme!  

Il me tarde déjà de le voir mercredi après-midi.   

Ô, Horacio, en patiente modèle, je suivrai votre ordonnance  

Tant ma pupille se réjouit du spectacle de votre élégance.