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S'unir ou périr: le Congrès parvient à un compromis

S'unir ou périr: le Congrès parvient à un compromis

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 Si dans mon premier billet, ce matin, j’évoquais la première devise américaine, l’image qui coiffe ce billet est une caricature réalisée par l'un des plus illustres penseurs américains, Benjamin Franklin. 

Franklin était un homme aux multiples talents. Il fut imprimeur, scientifique, philosophe, homme politique, auteur, éditeur, etc. Sa contribution est immense et il serait trop long de tout mentionner ici. La fameuse caricature appuie le fait qu’il fut un des premiers à insister sur la nécessité pour les colonies américaines de s’unir face à la métropole. Pour Franklin, les colonies devaient s’allier ou périr.  

Cette réalité a peut-être inspiré démocrates et républicains qui se sont enfin entendus sur un plan de relance qui devrait être appuyé dans les deux chambres avant d’être entériné rapidement par le président Trump. Avant même de connaître les détails ou d’évoquer d’éventuelles limites ou critiques, il convient de se réjouir du message envoyé par les législateurs américains. Malgré la polarisation actuelle, il faut se serrer les coudes. 

Les sommes débloquées ne sont pas négligeables et elles seront dirigées à la fois aux entreprises et aux particuliers. Importantes à quel point? Elles représentent plus du double des sommes du plan de la relance de 2009. Ces milliards permettront à court terme d’éviter le pire scénario pour quelques mois et les marchés ont déjà réagi positivement à l’annonce.  

Au-delà de ces quelques mois? Il n’est pas impossible qu’on doive songer à de nouveaux investissements. Selon les experts, la crise actuelle pourrait s’étirer sur dix-huit mois et on devine déjà que les législateurs en sont bien conscients. 

Selon les commentaires émis jusqu’à maintenant par les économistes, le plan du Congrès constitue un bon départ. Des compagnies durement éprouvées par le ralentissement des activités pourront à court terme éviter la fermeture et on limitera les mises à pied. Chaque adulte qui gagne moins de 75 000$ annuellement recevra un chèque de 1200$ par mois auquel s’ajoute une somme de 500$ par enfant. L’aide est réduite proportionnellement pour les familles dont les revenus sont plus élevés. 

Ni les républicains ni les démocrates ne sont pleinement satisfaits de l’entente, mais l’urgence du moment les force au compromis. 

Je considère que malgré ses imperfections, l’entente actuelle est positive de deux façons: on achète du temps et on envoie un message positif à la population. Malgré leur féroce opposition, les législateurs démontrent qu’ils se soucient de leurs concitoyens. 

Parmi les quelques réactions négatives relayées depuis l’annonce toute fraîche de l’entente, je note celles de quelques dirigeants de grandes corporations. Ils avancent que contrairement au secteur financier qui a été pointé du doigt pour la crise de 2008, ils ne sont pas responsables de la crise actuelle et ils dénoncent les contraintes que leur impose le plan du Congrès.  

Les républicains ont intégré les demandes des démocrates qui souhaitaient que les grandes entreprises soient encadrées dans la gestion qu’elles feront de l’aide gouvernementale. Ces grandes entreprises dénoncent l’ingérence, mais surtout la marge de manœuvre restreinte qu’impliquent les contrôles. Dave Calhoun, à la tête de Boeing, a déjà annoncé que sa compagnie refuserait l’aide fédérale. Je serais tenté de répondre à M. Calhoun que les familles américaines ne sont pas plus responsables de la crise et que les travailleurs méritent aussi un minimum de protection. 

Malgré les quelques commentaires négatifs, réjouissons-nous de ce coup de pouce du Congrès. Autant les Américains que les Canadiens devraient s’en réjouir. La période actuelle est sombre et les nouvelles liées à la propagation du virus aux États-Unis sont particulièrement inquiétantes. Relevons le positif quand il y en a et souhaitons une fois de plus que nos voisins s’inspirent de Franklin: unite or die!