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Un thriller survivaliste québécois sur Netflix

Jusqu’au déclin, premier film québécois financé par la plateforme, est brûlant d’actualité

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Le cinéaste Patrice Laliberté aurait difficilement pu choisir un meilleur moment pour lancer son thriller Jusqu’au déclin, premier film québécois financé par Netflix, qui met en scène un groupe de survivalistes qui se préparent pour une éventuelle fin du monde : « Quand on voit ce qui se passe en ce moment, on dirait presque que le film a été écrit hier en réaction à la situation actuelle », confie-t-il.  

Non, Patrice Laliberté n’a pas de boule de cristal qui lui a permis de voir venir à l’avance la crise du coronavirus. C’est simplement qu’en s’intéressant depuis plusieurs années au phénomène du survivalisme, le réalisateur de 33 ans savait très bien que la menace d’une pandémie figurait au sommet de la liste des inquiétudes des gens qui craignent une catastrophe humanitaire ou écologique.   

« Des risques d’épidémie, on sait depuis longtemps que ça nous menace parce qu’il y a toujours de plus en plus d’humains sur Terre, observe-t-il. Mais je ne pouvais pas prévoir le coronavirus. Vraiment pas... »  

Tourné l’hiver dernier avec un budget d’environ 5 M$, Jusqu’au déclin raconte l’histoire d’un groupe de survivalistes qui se réunissent pendant quelques jours dans un camp isolé au milieu d’une forêt pour participer à une formation donnée par Alain (Réal Bossé), une sorte de gourou du survivalisme. L’objectif : apprendre à faire des provisions et à se défendre en cas de crise économique, de catastrophe écologique ou de pandémie. Mais un accident tragique viendra semer la zizanie au sein du groupe.   

Captivant, angoissant et franchement efficace, Jusqu’au déclin est un vrai bon thriller comme on en voit trop peu au Québec. Bien réalisé et bien joué (mentions spéciales à Réal Bossé et Marie-Evelyne Lessard), le film regorge d’action, d’explosions et de cascades. L’hiver québécois, au cœur de l’intrigue, ajoute au suspense et au côté spectaculaire.   

Dérapage  

Le phénomène du survivalisme ne date pas d’hier. Mais depuis que la crise du coronavirus force tout le monde à songer à faire des provisions pour se préparer au pire, la philosophie de vie des survivalistes semble soudainement un peu moins farfelue pour le commun des mortels.     

« J’ai rencontré plusieurs survivalistes en préparant le film et ç’a beaucoup nuancé mon propos sur le phénomène, explique Patrice Laliberté, qui signe ici son premier long métrage après avoir réalisé plusieurs courts.  

« Il y a beaucoup de bonnes intentions derrière le survivalisme : l’indépendance de ses ressources, le fait d’être autonome, de vouloir protéger sa famille. Mais c’est dans la seconde phase que ça peut déraper, quand, par exemple, la personne commence à se dire que ses ressources vont faire des envieux et qu’il va devoir apprendre à utiliser un fusil et à faire des pièges pour se protéger des autres. C’est cette militarisation qui prend sa racine dans la peur et la paranoïa qui devient dangereuse. »  


Jusqu’au déclin sera disponible sur Netflix à compter de vendredi.