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Vous souvenez-vous du temps d’avant?

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Vous souvenez-vous de l’époque, il y a un siècle, où le milieu culturel était secoué par des controverses qui paraissaient cruciales ? Les mots « appropriation culturelle », ça vous dit quelque chose aujourd’hui ? 

Difficile de croire qu’il y a seulement quelques mois, certains en faisaient une question de vie ou de mort. 

C’est fou comme avec le recul, certaines des polémiques qui faisaient grimper le milieu dans les rideaux semblent futiles, superflues et sans conséquence. 

ES-TU BEN DANS TON COTON OUATÉ ? 

Il est loin le temps où certains hurlaient au sexisme parce qu’on osait dire du bout des lèvres qu’on ne s’habille pas n’importe comment à l’Assemblée nationale ou à un gala. 

Entre les chômeurs, les télétravailleurs, les malades, les enfants sans école et les isolés, c’est la totalité du Québec qui s’habille mou ! 

La moitié de la province porte un coton ouaté, l’autre porte un T-shirt de Gerry Boulet avec une petite laine. Et on a tous les cheveux gras, la repousse dans le toupet ! 

Tiens, un autre exemple. Qui se soucie aujourd’hui de savoir si on doit dire auteure ou autrice ? 

La seule chose qu’on veut savoir, c’est si le livre qu’on va lire en confinement, pendant que les enfants courent partout, est bon ou pas. 

Le meilleur show en ville, c’est tous les jours à 13 h, la conférence de presse des superhéros Legaultman, Arrudaboy et SuperMcCann. Et on s’en fout s’il n’y a pas la parité (une seule femme pour deux hommes) et si la diversité n’est pas proportionnelle à la composition démographique de la population québécoise (un seul fils d’immigrants pour deux de souche). 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Aujourd’hui, plus personne ne parle de masculinité toxique. On admire ceux qui nous soignent, nous protègent, nous alimentent... peu importe leur sexe. 

Un jour, quand tout ce mauvais rêve sera derrière nous, quand on recommencera à aller au théâtre, au cinéma, à aller voir des humoristes ou des danseurs, le milieu culturel devra faire une introspection. 

Tout ce militantisme qui s’époumonait sur des questions futiles (comme le sexe des animaux empaillés dans les musées d’histoire naturelle ou le droit des hommes de cinquante ans d’avoir une série télé à leur sujet), qui passaient huit mille pieds au-dessus de la tête du public, paraît plus que jamais dérisoire. 

VIRUS À MANHATTAN 

Ah oui, vous savez quoi ? La nouvelle est passée inaperçue puisque tout le monde ne parle que de la COVID-19, mais Woody Allen a trouvé un éditeur pour ses mémoires. 

Avouez que vous aviez déjà oublié que le personnel new-yorkais de la maison d’édition Hachette avait débrayé pour protester contre leur publication, forçant l’annulation de son livre ? C’était il y a un siècle... le 6 mars. 

Les éditeurs d’Arcade ont publié un communiqué pour expliquer leur décision de publier les mémoires du réalisateur d’Annie Hall : « En cette époque étrange, où la vérité est trop souvent écartée comme étant du fake news, nous, comme éditeurs, préférons donner une voix à un artiste respecté, plutôt que de plier devant ceux qui sont déterminés à le faire taire. » 

Il faut dire qu’en ce moment, ceux qui sortent dans la rue pour protester contre la publication d’un livre ont d’autres priorités. 

New York est au cœur de la pandémie du coronavirus...