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À 30 ans, cet homme a bien cru que le virus finirait par le tuer

Coronavirus - Covid-19
Photo Martin Chevalier Jonathan Picard est confiné dans sa chambre à coucher depuis quelques jours afin d’éviter de contaminer sa famille.

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Un jeune père de famille de Lanaudière souffrant de la COVID-19 depuis une semaine a cru mourir tellement les symptômes du virus sont forts.   

« J’ai juste 30 ans, je suis un gars en forme qui s’entraîne et je travaille de la maison, lance Jonathan Picard, joint au téléphone hier. Mardi, la semaine passée, j’ai dû me faire transporter en ambulance tellement j’étais faible. Je pensais sérieusement ne pas revenir. »    

Depuis ce jour, il a eu de fortes baisses de pression, des étourdissements, de la diarrhée, des douleurs musculaires et plusieurs épisodes de fièvre intense. Après une brève hospitalisation, un médecin lui a fortement conseillé d’aller dans une clinique de dépistage. Le verdict est tombé dimanche soir, un peu plus de 72 heures après avoir été testé.    

L’homme, qui vit à Saint-Jean-de-Matha avec sa conjointe et leurs deux filles en bas âge, n’a toujours aucune idée où il a pu contracter le fameux virus. Ses deux enfants font l’école à la maison, alors qu’il travaille à son compte dans le domaine de la mise en marché de pièces automobiles et ne sort que rarement pour le boulot. Sa conjointe travaille toutefois dans un restaurant et ses deux filles ont des activités parascolaires.    

« Chose certaine, je n’ai pas été en contact avec quelqu’un qui revenait de voyage, du moins pas à ce que je sache, assure-t-il. Ma conjointe et mes filles ont de légers symptômes, mais elles se reposent et n’ont pas eu à passer le test pour l’instant. »    

Comme un roi  

Jonathan Picard doit donc s’isoler dans sa chambre depuis quelques jours afin d’éviter de contaminer sa famille.     

« Ma conjointe vient me porter mes repas sur le bord de la porte, mes filles me glissent des dessins sous la porte et m’envoient des bisous à distance, de beaux “bonne nuit” et des “je t’aime”. Je suis traité aux petits oignons », ajoute-t-il avec humour.    

Lorsqu’il doit utiliser la salle de bain, Jonathan Picard désinfecte toutes les surfaces avant de sortir et sa conjointe passe ensuite derrière lui pour répéter l’exercice.     

Son cas documenté  

Le père de famille dit avoir été très bien pris en charge par le système de santé depuis le début de ses symptômes. Depuis que son résultat lui a été transmis, il reçoit quotidiennement un appel de la santé publique, qui s’enquiert de son état.    

« Ils me posent des questions et ils prennent des notes, c’est tellement nouveau comme virus qu’ils documentent chacun des cas, j’imagine », raconte l’entrepreneur.     

M. Picard souhaite que son témoignage sensibilise la population à l’importance d’écouter les consignes du gouvernement.     

« Dès que j’ai eu des symptômes, j’ai fait super attention, dit-il. Mon père et ma grand-mère se battent [contre] le cancer, imaginez si j’avais fait à ma tête et j’étais allé les voir. C’est à toutes ces personnes-là qu’on doit penser collectivement. »