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Contenants consignés : les épiceries craignent pour la santé des employés et des clients

Michel lépine
Photo Anne-Caroline Desplanques

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Recyc-Québec demande aux épiceries de reprendre la récupération des bouteilles et canettes consignées, au grand dam des détaillants, qui craignent de mettre leur personnel et les clients à risque de contracter le coronavirus. 

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Au début du confinement, les Québécois ont été invités à garder leurs contenants consignés à la maison, en raison de la pandémie. Mais le gouvernement vient de donner le feu vert pour que les commerces recommencent à les récupérer. 

«La consigne est maintenue ainsi que les activités l’entourant, précise la directive de Recyc-Québec, datée de mercredi. La collaboration des détaillants est demandée pour ne pas que ces contenants aillent dans les déchets». 

Une directive qui ne fait pas du tout l’affaire de l’Association des détaillants en alimentation. «En temps de pandémie, où il y a un stress supplémentaire sur les employés, on peux-tu, svp, ne pas avoir à manipuler des contenants supplémentaires!», lance le directeur des affaires publiques, Stéphane Lacasse. 

Entreposées près des aliments 

Lorsqu’un client ramène ses bouteilles de bière vides chez l’épicier du coin, les employés doivent souvent les transporter à travers le magasin et les empiler dans l’entrepôt, où sont aussi entreposés les aliments, dit-il.  

Les «gobeuses» provoquent également des attroupements de clients, alors que la distanciation sociale est réclamée par les autorités de santé publique. 

«On est présentement dans une situation exceptionnelle, donc on demande des mesures exceptionnelles», insiste M. Lacasse. Il ajoute que les citoyens sont compréhensifs. 

Le porte-parole de l’Association des détaillants en alimentation signale que les employés dédiés habituellement à la récupération des produits consignés ont été réaffectés à d’autres taches.  

«On a eu beaucoup d’achalandage dans les magasins dans les dernières semaines, nos équipes, on les envoie soit pour remplir les tablettes, pour préparer des commandes en ligne, des commandes téléphoniques». 

Les détaillants respecteront la loi. Mais les Québécois seront tout de même invités à ramener plus tard leurs contenants consignés. «Advenant qu’un citoyen est insistant, on va s’organiser pour les récupérer, mais ce n’est pas ce qu’on souhaite faire», précise Stéphane Lacasse. 

Service essentiel 

Chez Recyc-Québec, on soutient que la gestion des matières résiduelles est un service essentiel et doit donc être maintenue. Les nouvelles recommandations s’appuient sur un avis de la santé publique, souligne la porte-parole, Brigitte Geoffroy. 

«Ceci dit, le citoyen qui peut attendre pour rapporter ses contenants doit attendre», a-t-elle fait valoir, dans un courriel. 

Selon la responsable des relations médias. l’industrie des boissons et de la bière sera mise à contribution pour offrir des options de récupération qui correspondent aux enjeux des détaillants et offrira des plages horaires réduites et un recours unique aux gobeuses.