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Fermeture du Café Ô Village: la pandémie a raison de leur commerce

Alexandra Simard
Photo Simon Clark Accompagnée de ses enfants, Alexandra Simard est venue chercher quelques objets qui restaient à récupérer dans son commerce, jeudi.

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Les propriétaires d’un petit café familial du quartier de Limoilou ont dû prendre la difficile décision de mettre la clé dans la porte de leur entreprise, tandis que les impacts de la pandémie représentaient un trop grand risque financier pour l’avenir du commerce du chemin de la Canardière.

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Les baisses d’achalandage, suivies de la réduction des capacités d’accueil puis, tout simplement, la fermeture temporaire des commerces non essentiels, auront eu raison du Café Ô Village, qui avait pignon sur rue sur le chemin de la Canardière.

Depuis près de deux ans, l’entreprise à vocation communautaire faisait le bonheur des parents, avec l’espace enfant et les différents cours et ateliers.

«Mais le flow cash n’était pas assez important pour survivre. Depuis le début, on vivait aux mois, même parfois aux semaines. C’était à l’échelle de ce que deux humaines peuvent faire, seules ensemble. C’était rendu trop énorme», laisse tomber Alexandra Simard, copropriétaire.

Elle et son associée, Fany Sinodinos, ont pris la décision de fermer définitivement la fin de semaine passée. Elles en ont fait l’annonce mercredi dernier. Leur situation ne leur donne pas accès à aucun programme d’aide. Devant le risque de mettre leur famille en situation de précarité, elles ont plutôt opté de quitter «la tête haute».

«On a attendu que les émotions s’estompent pour l'annoncer. J’ai eu plusieurs jours pour pleurer», poursuit la mère de famille, visiblement encore éprouvée de cette finalité.
Il s’agit d’un deuil difficile, pour Mme Simard. Elle concoctait elle-même plusieurs des produits vendus au café. Ses clients étaient devenus des amis et les enfants de ses clients, les amis de ses enfants. C’est aussi la fin d’une vitrine remarquable pour plusieurs des entrepreneurs locaux, puisque plusieurs produits étaient exposés et en vente sur place.

«C’était que du local, de la bouffe, des produits pour le corps, des produits de mères entrepreneures et plusieurs autres», énumère Mme Simard.

La copropriétaire vidait le peu de choses qui restait à aller chercher dans le défunt petit commerce, jeudi après-midi. Après les émotions tristes, la résilience était au rendez-vous.

«J’en sors vraiment fière. On avait un projet vraiment nice, on a répondu à réel besoin dans le quartier et le café a bien perduré pendant deux ans. On se retire avant de foncer dans le mur. Je sais qu’il y aura d’autres initiatives comme ça dans le quartier, c’est possible et ça peut fonctionner», termine Mme Simard.

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