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Jean Rousseau réclame un congé de taxes de deux mois pour les commerçants à Québec

Le conseiller de Démocratie Québec Jean Rousseau
Photo Jean-François Desgagnés Le conseiller de Démocratie Québec Jean Rousseau

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Très inquiet pour la survie de nombreux commerces de la capitale, le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, demande au maire Labeaume de revoir sa position et d’accorder un congé de taxes de deux mois aux gens d’affaires. 

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Le report des échéances pour les trois prochains paiements de taxes foncières, annoncé par l’administration Labeaume, sera insuffisant, selon lui, pour permettre à tous les commerces et entreprises de traverser la crise. 

«Sur les artères commerciales, les taux de fermetures sont de 70-80% à l’heure actuelle. S’ils n’ont aucune aide, il y a des commerces et des hôtels qui vont simplement fermer de façon définitive. Et si ces gens-là font faillite, on est tous perdants», a-t-il exprimé en entrevue avec Le Journal

Le chef de l’opposition Jean-François Gosselin
Photo d'archives, Pascal Huot
Le chef de l’opposition Jean-François Gosselin

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Jean-François Gosselin, ne partage pas son avis sur la façon de venir en aide aux commerçants. Un congé de taxes tous azimuts n’est «pas une bonne idée», avance-t-il. «Certains commerces n’auront pas besoin d’une aide financière pour passer au travers alors que d’autres oui». 

Il propose plutôt de mettre sur pied un programme d’aide financière calqué sur celui qui vise à compenser les commerçants affectés par les chantiers routiers majeurs, comme ceux de la route de l’Église l’an dernier. 

Pour ce faire, il suggère à nouveau d’utiliser une portion de l’enveloppe de 75 M$ sur cinq ans accordée par le gouvernement du Québec à la Ville pour sa Vision entrepreneuriale. Ces sommes sont habituellement réservées aux entreprises en démarrage ou à celles qui veulent prendre de l’expansion ou encore profiter du programme de «vitrine technologique» pour tester leurs produits avant leur mise en marché. 

Un choix politique «déplorable» 

«Mercredi, dans un appel-conférence, j’ai reposé la question à l’administration municipale et finalement, on a appris que c’était un choix politique de ne pas donner cet argent-là aux commerçants. Moi, je trouve ça déplorable. On est dans une situation exceptionnelle. On pourrait utiliser cette enveloppe-là déjà disponible pour aider les entrepreneurs à passer au travers», réitère M. Gosselin. 

Labeaume exclut tout congé de taxes 

Questionné à nouveau sur cet enjeu, en conférence de presse jeudi après-midi, le maire Régis Labeaume a une fois de plus fermé la porte à un congé de taxes et vanté les impacts à court terme de la mesure qu’il a annoncée la semaine dernière, soit le report des paiements de taxes. 

«L’opposition peut se permettre de parler de congé de taxes. Eux, ils n’ont pas à gérer, c’est très facile. C’est juste que nous, on a une ville à gérer. En transférant en août, en septembre et en novembre les comptes de taxes, on a à peu près 325 M$ de liquidités qu’on laisse dans les poches des citoyens et là-dessus, il y en a environ 140 M$ pour les commerçants», a-t-il fait valoir. 

«C’est le meilleur geste qu’on pouvait poser pour les liquidités des entreprises. Notre façon d’être le plus utile, ce n’est pas de prendre un petit programme et de distribuer des miettes, ça ne donne rien. Des peanuts de la Ville pour investir dans les entreprises, ça ne paraîtra pas», a-t-il renchéri, rappelant que les gouvernements ont un rôle plus important que la Ville afin de venir en aide aux entreprises qui subissent les contrecoups de la pandémie. 

Le maire dit cependant plancher actuellement sur d’autres mesures afin de venir en aide aux gens d’affaires. «On va vous revenir parce qu’on est en train de prendre des décisions.»