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Kumtor: thriller minier

Un documentaire de Club illico s’attaque à l’industrie minière

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Photo AFP La mine Kumtor au Kirghizistan appartenant à une entreprise canadienne est au centre d’un documentaire éloquent sur ses pratiques.

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Le documentaire Kumtor mérite qu’on s’y attarde. Non seulement parce qu’il aborde un sujet dans l’air du temps, les risques environnementaux des mines, mais également parce qu’il ajoute au mix une part d’intrigue qui titillera les amateurs de suspense.

Mis en ligne jeudi sur Club illico, ce reportage du Bureau d’enquête de Québecor nous fait découvrir Kumtor, une grande mine d’or au Kirghizistan. Pourquoi étudier cette mine d’Asie centrale plus qu’une autre ? Parce qu’elle pourrait provoquer un énorme désastre écologique... et surtout, parce qu’elle est canadienne. En effet, elle appartient à Centerra Gold, une compagnie d’exploitation minière basée à Toronto.

Destruction de glaciers, contamination d’eau, corruption, emprisonnement, torture... Le documentaire, piloté avec aplomb par Brigitte Noël, déterre plusieurs scandales, mais c’est quand il dévoile les dessous de l’enquête qu’il agrippe le plus.

Le film de 53 minutes prend même des allures de thriller d’espionnage quand Brigitte Noël, une fois arrivée au pays, rencontre un informateur qui croit avoir été pris en filature. Le prix à payer pour avoir critiqué le gouvernement ouvertement, explique-t-il. La reporter en profite pour raconter que certaines équipes de journalistes l’ayant précédée se sont déjà fait interpeller et confisquer leurs enregistrements. Voilà pourquoi, en guise de précaution, elle et son vidéaste, Matt Joycey, se promènent avec un disque dur bidon sur lequel se trouvent de fausses entrevues.

Leur vrai travail est caché et crypté.

Tournage intense

En entrevue au Journal, Brigitte Noël raconte avoir vécu un certain stress durant son intense semaine de tournage au Kirghizistan, mais en raison du décalage horaire et des journées de travail de 20 heures qui s’enchaînaient, elle n’avait pas beaucoup de temps pour penser aux dangers qui pouvaient planer.

« On était trop occupés pour avoir peur », indique-t-elle.

Boom minier

Ici comme ailleurs, les mines sont tombées dans l’œil des documentaristes dernièrement. Le 11 mars, Netflix abordait la question dans Dirty Gold, une série réunissant des histoires de corruption. Deux semaines plus tôt, ICI Télé présentait Les nouveaux conquistadors, un reportage d’une heure sur l’activité minière canadienne à Enquête. Mentionnons également la série documentaire Projet Green Blood, récemment présentée en France.

« L’environnement, c’est un thème universel, explique Brigitte Noël. Le réchauffement climatique, c’est quelque chose qui nous affecte tous. Notre défi, c’est de vulgariser ces dossiers, qui peuvent être extrêmement compliqués. »

Carte postale

Loin d’être un magazine de voyages, Kumtor propose néanmoins de magnifiques images du Kirghizistan, un pays montagneux composé de paysages sauvages. À ajouter à votre carnet de destinations vacances potentielles post-pandémie.

Kumtor est également le deuxième grand reportage de Brigitte Noël et Matt Joycey pour Club illico. Leur premier, Piégées, traitait de l’esclavage moderne des nounous étrangères au Québec.

Brigitte Noël a mis le projet sur pied après avoir remporté une bourse de 9000 $ du Fonds québécois en journalisme international.


► Le documentaire Kumtor est présentement offert sur Club illico.