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Malades chroniques: des «gens mettent ma vie en danger»

La surcharge du réseau de la santé risque de nuire aux malades chroniques

Miro Lacroix
Photo courtoisie Le petit Miro Lacroix, « est pratiquement guéri », mais doit encore recevoir ses derniers traitements.

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Une patiente atteinte d’un cancer et la mère d’un enfant en voie de guérison lancent un cri du cœur aux Québécois afin d’aider les plus vulnérables à survivre à la crise du coronavirus. 

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«Ça fait cinq ans que je me bats pour ma vie», explique Christine Gosselin. Âgée de 53 ans, elle combat son deuxième cancer du sein, avec des métastases au foie, aux os et aux poumons. Les traitements ont détruit son système immunitaire, si bien que Mme Gosselin déplore que «des gens mettent [sa] vie en danger».   

En Italie, devant l’ampleur de la pandémie, les médecins aux soins intensifs traitent seulement les patients qui ont une chance de survie. Le Québec n’est pas encore confronté à ce dilemme déchirant, mais l’explosion des cas fait craindre le pire.   

«Si on attrape la COVID-19 tous les deux, ils vont te sauver, toi, en priorité, pis c’est bien correct, expose Christine Gosselin. Mais si tu es allé dans un endroit public en disant que c’est juste une petite grippe et qu’à l’urgence, ils te choisissent encore toi, alors que je me prive depuis cinq ans, ça me révolte.»  

Traitements retardés  

De son côté, le petit Miro «est pratiquement guéri», se réjouit sa mère, Mariane Lajoie. Âgé d’à peine 8 mois, le jeune garçon a reçu d’importants traitements de chimiothérapie pour combattre un neuroblastome, un cancer infantile qui s’attaque aux cellules du système nerveux.   

Mais la greffe de moelle osseuse qu’il a dû recevoir à la suite de ses traitements l’a laissé immunosupprimé, et donc sans défenses face aux virus. Mariane Lajoie s’étonne de voir encore des visiteurs refuser de se laver les mains en entrant à l’hôpital.   

«Les gens commencent à mieux comprendre, mais, au début, ça venait me chercher, admet-elle. Quelqu’un en santé qui contracte le virus, ce n’est généralement pas trop grave, mais si mon bébé le contracte, il ne survivra pas.»   

La crise du coronavirus risque d’ailleurs de compliquer les derniers traitements d’immunothérapie que Miro doit recevoir pour détruire les micrométastases qui pourraient demeurer. Comme ceux-ci ont lieu aux soins intensifs (en raison de la douleur), les parents se questionnent à savoir si les lits seront occupés par des patients atteints de la COVID-19, en détresse respiratoire.   

«Mais un médecin nous disait que Miro demeure quand même un cas prioritaire», affirme Mariane Lajoie, sur un ton optimiste.  

«En même temps, si mon bébé est aux soins intensifs avec d’autres enfants atteints de la COVID-19, peut-être que ça m’inquiéterait plus», ajoute-t-elle. 

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