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Des masques faits à la main pour compenser la pénurie

Coronavirus - Covid-19
Photo courtoisie Des infirmières des Laurentides ont créé différents prototypes, comme celui sur la photo composé d’un filtre d’aspirateur.

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Nouvelle tendance mondiale, le recours à des masques artisanaux pourrait être une bonne solution pour les Québécois désireux de se protéger du coronavirus, croit l’infectiologue Amir Khadir.

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Les masques de fortune foisonnent en Europe actuellement. En France, la pénurie d’équipement fait régulièrement les grands titres des journaux, tandis que les tutoriels sur la production de masques artisanaux se multiplient. 

Le concept a aussi des adeptes au Québec. À Montréal, la Coop Couturières Pop a attiré plus de 3000 couturières bénévoles pour fabriquer des masques chirurgicaux et des chemises d’hôpital au cours des derniers jours. 

Des infirmières de la région des Laurentides, qui effectuent des visites à domicile pour les CLSC, ont aussi commencé à se fabriquer des masques de fortune avec des filtres de balayeuse. 

« La directive officielle est de ne pas porter de masque (N95) s’il n’y a pas de symptômes. On nous dit de ne pas les gaspiller pour ne pas en manquer lorsque la crise va commencer. Mais elle est commencée, la crise ! La direction nous dit aussi qu’il ne faut pas faire peur aux patients », nous a expliqué une infirmière sous le couvert de l’anonymat. Elle a créé jusqu’à maintenant une soixantaine de masques artisanaux.

Celui ci-dessus, comporte une couche de polycarbonate, une matière plastique.
Photo courtoisie
Celui ci-dessus, comporte une couche de polycarbonate, une matière plastique.

Masques imparfaits

Cette dernière sait que ses masques, qui doivent être lavés à l’eau chaude et au savon chaque soir, sont loin d’être parfaits et n’ont pas été testés par la santé publique. 

« Mais c’est mieux que rien et ça protège des gouttelettes », dit-elle. 

L’infectiologue et microbiologiste au Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur Amir Khadir donne raison à cette dernière.

« Bravo ! Génial ! Ce n’est pas l’idéal, mais c’est mieux que rien. C’est le genre d’initiative sur laquelle le gouvernement pourrait se pencher », dit-il.

« Si on peut valider l’un de ces masques-là, en s’appuyant sur l’expérience coréenne et chinoise où il y a eu beaucoup de recettes publiées par les autorités [...] ça pourrait permettre à plus de gens de se faire des masques à la maison », affirme le Dr Khadir. 

« C’est simple. Plus on porte de masques, plus on diminue les risques de transmission. Si on ne veut pas dilapider les masques chirurgicaux et les garder pour les plus grandes vagues d’épidémie à venir, vaut mieux demander à la population de recourir à ce genre d’initiative. »