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Deuil-Jeunesse crie au secours

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Depuis que la COVID-19 a frappé le Québec de plein fouet, les fonds ont cessé d’entrer pour l’organisme de bienfaisance. Sur la photo, Josée Masson.

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Dans un contexte où encore plus de jeunes vivent des deuils difficiles en raison de la pandémie, la fondatrice et directrice de Deuil-Jeunesse, Josée Masson, lance un cri du cœur pour éviter une fermeture imminente de l’organisme.  

Des enfants et des adolescents en deuil parce qu’ils ont perdu un parent à la suite d’un décès subit, d’une maladie ou d’une séparation, d’un suicide ou d’un abandon. Telle est la clientèle de Deuil-Jeunesse, qui aide bon an mal an 2500 jeunes partout au Québec grâce à une dizaine d’intervenants et 27 travailleurs autonomes.  

Depuis que la COVID-19 a frappé le Québec de plein fouet, les fonds ont cessé d’entrer pour l’organisme de bienfaisance. A contrario, comme les gens sont plus isolés que jamais et ne peuvent plus organiser de funérailles, le besoin, lui, s’est accru. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Josée Masson avec Sophie Durocher à QUB radio :

«La pire chose, dans le deuil, c’est l’isolement, souligne Mme Masson, travailleuse sociale qui a fondé Deuil-Jeunesse il y a 12 ans. Les gens ont besoin de parler, de réconfort, et présentement, c’est plus difficile. Ils pleurent seuls dans leur salon, et ne peuvent organiser de rites.» 

Chaque être humain vit son deuil à sa façon, et bénéficier d’une oreille neutre peut s’avérer générateur d’une bonne dose de réconfort. 

«Tous nos nouveaux endeuillés, expose la directrice, on veut pouvoir leur parler une heure pour les aider à s’organiser, dans cette nouvelle ère du COVID. On veut les aider et le faire de façon unique.» 

Financement privé 

Le hic, c’est que 90 % du budget de l’organisme de bienfaisance provient de donateurs privés, non récurrents, mais aussi d’activités. 

On y présente des conférences, organise des formations et des groupes de soutien et de rencontres individuelles qui ont toutes dû être annulées dans le contexte. Idem pour les campagnes de financement à venir, dont une en avril. 

La directrice a écrit à tous les ministères, ces jours-ci, mais n’a pu obtenir de réponse. L’aide annoncée en réaction à la crise ne lui procurera que de très minces sommes. 

Elle a aussi lancé une campagne de sociofinancement (GoFundMe) qui a permis d’amasser quelques milliers de dollars. 

Le néant 

Ces fonds et ceux dont disposait toujours l’organisme avant la crise lui permettront de poursuivre ses opérations pendant deux mois encore. Ensuite, ce sera le néant. 

«Un organisme comme nous n’a pas pour but de garder ses coffres pleins, car tout ce qu’on reçoit, on l’investit dans nos services. Nous sommes donc passés en mode survie.» 

Dans cette perspective, Mme Masson espère de tout cœur recevoir le coup de main d’une fondation. «Je vais prendre tout ce qui est possible, et je vais le redonner à la population», dit la directrice, qui pense à offrir différents services de façon virtuelle pour le temps que dure la crise. 

L’équipe a acquis une belle notoriété dans le réseau de la santé, qui lui réfère des jeunes au besoin. 

«J’ai mis au monde Deuil-Jeunesse avec cette passion pour cette clientèle qui en a vraiment besoin. Donc j’en prends soin comme mes enfants, souligne-t-elle. Je ne peux pas croire que ça va se terminer comme ça, à cause d’un virus.»