/news/coronavirus
Navigation

Enceinte au temps de la COVID-19

Kathryne Lamonatgne
Photo courtoisie, Kathryne Lamontagne Enceinte de cinq mois, la journaliste Kathryne Lamontagne attend son deuxième enfant cet été.

Coup d'oeil sur cet article

Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront.  


En ces temps de pandémie et d’incertitude, l’inquiétude gagne la plupart des Québécois. Dans mon cas, ce sentiment est exacerbé du fait que mon corps bricole depuis cinq mois un petit être humain, que je crains de mettre au monde en pleine crise de la COVID-19.  

• À lire aussi: COVID-19: flambée des prix des aliments à prévoir

• À lire aussi: [EN DIRECT VENDREDI 27 MARS] Les derniers développements de la pandémie

Je m’apprête à devenir maman pour une deuxième fois en moins de deux ans. Outre les vomissements qui ont terrassé mon premier trimestre, cette grossesse a de différent le contexte de pandémie mondial dans lequel elle se déroule.   

Je ne vous cacherai pas que j’ai peur. Peur d’être malade. Peur des circonstances dans lesquelles mon enfant naîtra. Mon métier me confronte chaque jour aux moindres développements liés à la situation. Rien pour apaiser mon stress, émotion pourtant proscrite pour toute femme enceinte.   

À quoi ressemblera notre été ? Aurons-nous surmonté la pandémie ? Pourrais-je donner la vie en toute sécurité, en présence de mon conjoint ? L’isolement volontaire sera-t-il chose du passé ?    

Fini, les accompagnateurs  

Difficile de prédire l’avenir. Chose certaine, le domaine obstétrical s’organise face à la crise. D’entrée de jeu, terminé la présence des papas ou des accompagnateurs lors des suivis de grossesse ou des échographies, des moments privilégiés par les futurs parents.   

« Il n’y a plus aucun visiteur admis durant les rendez-vous. Ça inclut malheureusement les conjoints », confirme Jean-Thomas Grantham, porte-parole du CHU de Québec. Ironie du sort, la directive est tombée au moment même où mon agenda affichait des rendez-vous pour ma seconde échographie et un suivi de grossesse.   

Bien que cela aurait été une option non envisageable jadis, c’est donc seule que je me suis rendue à l’hôpital pour découvrir le petit être qui pousse dans mon ventre.    

Deux bras, deux jambes. Un dos fort, un cœur qui bat, un cerveau bien développé. Des petits pieds dodus, des mains minuscules qui cachent un visage délicat. Je percevais les différentes facettes de mon enfant. Sans son père, qui aurait assurément souhaité être présent.     

« On ne peut pas prendre de chance, me confie le spécialiste. On est tellement peu de technologues, s’il fallait que quelqu’un soit infecté, je ne sais pas comment on ferait pour continuer les échographies. »   

Évidemment, je comprends. Au moment de connaître le sexe du bébé, toutefois, impossible pour moi de recevoir cette grande nouvelle seule. Le technologue inscrit donc discrètement cette information sur un bout de papier, que nous lirons plus tard, en famille.   

Suivi téléphonique  

Mon rendez-vous médical s’est quant à lui transformé en rencontre téléphonique. Après discussion avec ma médecin, nous avons convenu de prolonger le moment de notre prochain rendez-vous et de nous revoir au début du mois de mai. L’objectif ? Ne pas trop m’exposer. Signe que la menace est toujours bel et bien présente.   

Somme toute, je suis chanceuse. Ma grossesse se déroule bien, je peux compter sur une omnipraticienne dévouée et le Québec a mis en place les mesures adéquates pour contenir la COVID-19. Jusqu’ici, ça va. Faisons donc en sorte, collectivement, que ça continue : restez chez vous.   

COVID-19 et grossesse    

  • Les accompagnateurs sont interdits lors des suivis de grossesse.   
  • Les suivis de grossesse peuvent se faire par téléphone lorsque possible.   
  • À l’accouchement, une personne peut accompagner la maman. Aucune visite n’est permise à la suite de la naissance.   
  • Les femmes enceintes ne seraient pas plus à risque que le reste de la population face à la COVID-19, selon le peu d’études disponibles sur le sujet.   

À VOIR AUSSI