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La violence conjugale, dans les mots d’Andréanne A. Malette

Elle a lancé la chanson Le brasier, lundi

Andréanne A. Malette
Photo Journal de Québec La chanteuse Andréanne A. Malette fait paraître la chanson Le brasier, le 23 mars 2020.

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Andréanne A. Malette a bien pesé le pour et le contre. Le pour a prévalu. En pleine crise du coronavirus, une chanson qui traite de violence conjugale mérite d’être lancée et entendue, a-t-elle tranché. 

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Depuis lundi, vous pouvez donc entendre Le brasier sur votre plateforme de diffusion en continu favorite. 

«Quand le feu prend, rien ne l’arrête», chante Andréanne A. Malette en décrivant le quotidien sous tension d’une victime de violence conjugale. 

«Je trouvais que c’était important de ramener ce sujet dans l’actualité, surtout pendant le confinement. On voit d’ailleurs des articles sortir faisant état que ce n’est pas vrai que c’est sécuritaire pour tout le monde d’être chez eux en ce moment», confie Andréanne A. Malette, lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal

«Les femmes se retrouvent dans un environnement anxiogène. Ça joue sur le tempérament de tout le monde. En plus, on demande de se tenir à deux mètres de distance, et les maisons pour femmes sont débordées.» 

Le choc Falaise 

Ça fait quelques années que le projet d’écrire sur un sujet aussi grave trotte dans sa tête. L’idée a commencé à germer à la lecture du livre-choc de son amie Ingrid Falaise, Le monstre. 

«J’ai vidé une boîte de Kleenex en le lisant. J’ai pleuré, pleuré, pleuré. C’est la première fois que je pleurais à cause d’un livre.» 

Après avoir déposé le livre, elle a pris sa plume et, lentement, Le brasier a pris forme. «J’ai réussi à la terminer il y a un an après m’être inspirée de plein d’histoires.» 

Non, tient-elle à préciser, elle n’a pas été elle-même victime de violence conjugale. 

«Je l’ai écrite au “elle pour ne pas que les gens pensent que c’est mon histoire. Cette chanson veut donner la parole à ces filles qui ne peuvent pas s’exprimer autrement.» 

Andréanne A. Malette dit avoir fait le choix délibéré de lui adjoindre une mélodie pop dansante pour faire contrepoids à la lourdeur du sujet. «Je ne voulais pas non plus alourdir la situation actuelle», ajoute-t-elle. 

Arbres à vendre 

En parallèle à la sortie de la chanson, Andréanne A. Malette a mis sur pied une campagne de vente de pousses d’arbres. Les profits seront acheminés au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence. 

«L’arbre a toujours été un symbole dans tout ce que je fais. Il représente la force et la solidité.» 

La crise de la COVID-19 lui a néanmoins compliqué la tâche. «Il n’y a aucun problème pour commander à la boutique en ligne. Par contre, j’ai voulu aller poster une première commande, lundi, et c’était fermé», dit celle qui devait refaire une autre tentative après notre entretien. 

«Cela dit, note la chanteuse, si les gens sont à l’aise de l’acheter et de ne pas recevoir leur arbre tout de suite, les sous vont quand même se rendre.» 

*Andréanne A. Malette profitera de la pause forcée pour avancer son projet de livre qu’elle souhaite écrire afin de donner des trucs utiles aux artistes qui, comme elle, désirent s’autoproduire.