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Le corps à Montréal, la tête et le cœur en Italie

Krystina Alogbo évoluait dans une ligue italienne de water-polo avant l’arrivée de la pandémie

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Photo d’archives Krystina Alogbo en pleine action contre les États-Unis lors des Jeux panaméricains au Pérou en août dernier.

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Depuis son retour au Québec, la poloïste Krystina Alogbo vit des moments difficiles. Et ça n’a rien à voir avec sa quarantaine volontaire.   

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L’athlète de 34 ans est inquiète. Au cours de ses deux dernières saisons professionnelles de water-polo, elle évoluait en Italie, où la pandémie a frappé très fort. On parle d’un bilan supérieur à 8000 morts au moment d’écrire ces lignes.     

Alogbo s’est attachée à ce pays et à la ville où elle réside depuis son arrivée en sol italien, Vérone.     

« J’étais là il y a six semaines », a-t-elle expliqué lors d’une entrevue téléphonique. « Je suivais avec intérêt l’évolution de la pandémie lorsqu’elle est arrivée en Italie.     

« Pour moi, c’était illogique que les Jeux olympiques soient présentés alors qu’il y avait 400 morts par jour. Ce qui se passe actuellement est plus grand que les Jeux et mon rêve olympique.     

« Je n’aurais pas été prête à prendre part aux JO en sachant que je mets les autres en danger. J’ai deux personnes âgées dans mon entourage immédiat, et on met tout en place pour les isoler le plus possible. »    

Elle a quitté son pays d’adoption pour prendre part à un camp préparatoire avec l’équipe canadienne qui devait avoir lieu à Budapest, en Hongrie. Tout a été annulé pour la raison que l’on connaît.     

Retenir son souffle  

Aucune coéquipière italienne d’Alogbo n’a été affectée par la COVID-19 pour le moment. Elle se croise les doigts pour que ça demeure ainsi.     

« J’ai une coéquipière qui a été très malade, mais ce n’était pas pour cette raison, a mentionné la Montréalaise. Elle réside dans la région de Lombardie, qui a été durement touchée par la pandémie.     

« Je suis inquiète pour mon entraîneuse Cora Campbell, qui réside à Milan avec son mari et ses deux enfants. C’est une de mes idoles et c’est une joueuse que j’ai toujours grandement respectée. »    

En quittant l’Italie pour amorcer sa préparation finale pour les Jeux olympiques, Alogbo a laissé son petit chien derrière elle.     

« La capitaine de mon équipe s’occupe de lui. Il a 10 ans. J’espère qu’il est en santé et que tout va être correct, a-t-elle expliqué. Je reçois des photos et des vidéos tous les jours. »    

Aux Jeux en 2021 ?  

Son plan était de participer à ses premiers Jeux olympiques à son quatrième cycle olympique en carrière. Par la suite, elle souhaitait jouer deux dernières saisons en Italie avant de tenter sa chance comme entraîneuse à sa retraite.     

Toutefois, le report des JO à 2021 pourrait changer ses plans.      

« Je m’étais déjà préparée à ce qu’ils repoussent les Jeux, que ce soit de quelques mois, d’une année ou même de deux ans, a expliqué Alogbo. J’ai déjà amorcé ma réflexion à savoir si je veux continuer avec l’équipe nationale pour une autre année, mais je n’ai pas encore pris de décision.     

« La mécanique marche encore. Si ma tête me dit que je suis encore capable, le corps doit suivre aussi. Si tous les éléments sont rassemblés, je vais poursuivre mon rêve olympique pour une autre année afin de prendre part aux Jeux de Tokyo en 2021. »