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Le côté «We support our troops» des camionneurs

Coronavirus - Covid-19
Photo Martin Chevalier Pascal Gaudet, v.-p. de Trans-West.

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La COVID-19 donne de sérieux maux de tête à l’industrie du camionnage, mais la population est plus que jamais derrière eux, estime le v.-p. gestion des routiers de Trans-West, Pascal Gaudet.  

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Est-ce que vos camionneurs sont bien accueillis aux États-Unis ?   

Oui, il y a un côté « We support our troops » avec les camionneurs en ce moment. La semaine dernière, un Américain est même venu donner spontanément de la nourriture à nos camionneurs dans une halte en disant que leur travail était important. On a mis ça sur nos réseaux sociaux. Si cette crise-là peut montrer aux gens tout ce que les camionneurs font pour nous, c’est déjà ça.   

Certains de vos chauffeurs ont-ils refusé de travailler depuis la crise ?  

Pas beaucoup. Entre cinq et dix. Sur 500, c’est un très faible pourcentage. Il y en a qui sont plus nerveux. Souvent, c’est l’entourage. On en a un nombre assez important en quarantaine, entre 30 et 40. La liste fluctue tout le temps. Quand ils reçoivent leur test et que c’est négatif, ils reviennent nous voir. Depuis la semaine dernière, je dirais que ce chiffre a bondi à près de 10 %.     

Comment faites-vous pour vous en sortir en pénurie de main-d’œuvre ?  

On a lancé l’invitation à certains de nos anciens employés d’autres compagnies de transport qui sont arrêtés. On leur a dit de venir travailler chez nous le temps que tout cela se passe. On a des professeurs de centres de formation. Plus de 30 % de nos chauffeurs sont des femmes. Il y a un gros taux de roulement dans l’industrie. On a étudié nos statistiques. On a vu que les couples offrent une belle stabilité. Quand le voyage dure une journée de plus, le chauffeur n’a pas à négocier avec sa femme (rires).   

Avez-vous des incitatifs pour attirer de nouveaux chauffeurs ?  

On a des femmes qui aimaient ça accompagner leur mari. On leur a dit : « Va suivre ton cours. On va te donner une allocation financière. » On leur donne 5000 $. Le cours est gratuit, payé par l’État. On leur donne cet argent-là parce qu’elles n’ont pas d’assurance-emploi si elles laissent leur métier pour faire le saut. Il y a aussi de jeunes retraités de la fonction publique, comme des policiers ou des professeurs qui se sentent jeunes et qui ont encore le goût de travailler.    

Est-ce que le profil du camionneur change avec le temps ?  

Ça fait 10 ans que je suis ici. Le portrait a totalement changé. On a réussi à attirer des personnes en dehors du réseau traditionnel de transport. Des gens comme Marie-Christine Marchand et Sébastien Desaulniers. Quand le couple est dans le camion, ça change les affaires.