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Un 2000$ plus payant que le salaire minimum

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Personne ne pourra reprocher à Justin Trudeau d’offrir une prestation « cheap » aux travailleurs victimes de la COVID-19. 

La nouvelle Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ par mois s’avère « plus payante » que de travailler au salaire minimum durant une semaine de 35 heures. 

Le 1er mai prochain, le salaire minimum au Québec passera de 12,50 $ (actuel) à 13,10 $. 

Pour une semaine de travail de 35 heures, le travailleur au salaire minimum gagnera 459 $ par semaine. 

S’il ne travaille pas à cause de la COVID-19, le même travailleur recevra 500 $ par semaine, ce qui équivaut à un « salaire » de 14,29 $ l’heure pour une semaine de 35 heures. 

C’est donc dire que la PCU offerte par le gouvernement Trudeau rapporte 1,19 $ l’heure de plus que le salaire minimum au Québec. 

On peut donc, sans hésitation, qualifier cette PCU de généreuse, si on la compare évidemment au salaire minimum décrété par le gouvernement Legault.  

  • Notre chroniqueur Michel Girard était à Politiquement incorrect sur QUB radio:

Casse-tête 

La PCU va, à mon avis, représenter un méchant gros casse-tête à venir pour les prochains mois pour les milliers d’entreprises québécoises qui paient une partie de leurs travailleurs au salaire minimum. 

Selon le ministre du Travail, Jean Boulet, il y a au Québec 409 100 travailleurs qui sont payés au salaire minimum. 

Où les retrouve-t-on ? Dans les commerces de détail qui restent ouverts à titre de services essentiels dans le cadre de l’actuelle pandémie, à savoir les épiceries et autres commerces d’alimentation, les pharmacies, les dépanneurs, les quincailleries, les nettoyeurs, les restaurants (comptoirs pour emporter ou livraison seulement), les ressources intermédiaires et résidences privées pour aînés, les services à domicile aux aînés, aux personnes handicapées et aux personnes vulnérables, les ressources spécialisées en hébergement (violence conjugale, itinérance, toxicomanie, etc.), stations-service et réparation mécanique de véhicules automobiles, etc. 

Comment ces entreprises feront-elles pour garder ou attirer des travailleurs durant la durée des versements de la PCU, laquelle sera offerte au cours des six prochains mois, soit jusqu’au 3 octobre prochain ? 

Il faut savoir que cette PCU de 2000 $ par mois sera versée pendant une période de quatre mois, pour une somme totale de 8000 $. 

Même les entreprises qui paient leurs employés un peu plus « cher » que la PCU de la COVID-19 risquent d’en arracher à trouver de la main-d’œuvre d’ici l’échéance de la PCU. 

Pis encore. Plus de la moitié des travailleurs au salaire minimum sont à temps partiel. C’est donc dire que ces travailleurs gagnent par semaine une fraction de la PCU à 500 $ qu’ils pourraient recevoir en restant à la maison. 

Pensons-y deux minutes : c’est quoi leur intérêt financier d’aller travailler d’ici le 3 octobre prochain ? 

La solution 

Afin d’être équitable envers les travailleurs qui restent au travail pour assurer les services essentiels durant la pandémie de la satanée COVID-19, je recommande à Justin Trudeau d’accorder un alléchant crédit d’impôt remboursable sur les revenus que ces travailleurs gagneront durant la période allant du 15 mars dernier au 3 octobre prochain. 

Et que le gouvernement de François Legault fasse lui aussi sa part en accordant un tel crédit d’impôt.