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État d’urgence: ce que Montréal pourrait imposer

On parle de l’accroissement des patrouilles policières jusqu’au confinement total de l’île

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En décrétant l’état d’urgence, hier, Montréal s’est donné les outils pour appliquer une série de mesures qui limiteraient entre autres les déplacements des citoyens. Elles s’inscrivent dans quatre grandes étapes, de la plus permissive à la plus restrictive. La première mesure est déjà appliquée, d’autres pourraient l’être dans les prochains jours ; d’autres encore sont si restrictives qu’elles risquent tout simplement de ne jamais être annoncées.  

Ces quatre secteurs sont des points chauds à Montréal, selon nos informations.
Ces quatre secteurs sont des points chauds à Montréal, selon nos informations.

Mesure déjà prise    

1. AVERTISSEMENT GÉNÉRAL  

Cette étape a été franchie lorsque, dans son point de presse quotidien hier, le premier ministre François Legault a incité les citoyens à éviter de se rendre à Montréal si ce n’est pas absolument nécessaire.     

Toutefois, il s’agit d’une sérieuse recommandation, et non d’un ordre au sens de la loi.     

Mesure appliquée en partie    

2. CONFINEMENT PARTIEL ET OU TOTAL DANS CERTAINS SECTEURS  

Seuls les lieux où la transmission du coronavirus est la plus préoccupante feraient l’objet de mesures particulières.     

On pourrait y augmenter le nombre de patrouilles policières pour s’assurer que les résidents respectent les directives émises par la santé publique.     

La mairesse, Valérie Plante, y a d’ailleurs fait allusion hier.     

On pourrait aussi demander aux résidents de rester chez eux en tout temps. Dans un tel scénario, un seul individu par famille aurait le droit de sortir pour acheter l’épicerie, par exemple.     

Selon nos sources, les secteurs de Côte-Saint-Luc, Hampstead, Notre-Dame-de-Grâce et Parc-Extension font l’objet d’un suivi étroit des autorités parce que le nombre de cas y est particulièrement élevé.     

Il faut s’attendre à ce que certaines mesures incluses dans cette deuxième étape soient appliquées pendant les prochains jours.     

Mesures possibles    

3. CONFINEMENT PARTIEL DE L’ÎLE  

Si une telle mesure était appliquée, il serait interdit d’entrer sur l’île de Montréal, sauf pour les travailleurs de services essentiels.     

Cela nécessiterait d’installer des points de contrôle policier sur les 18 ponts qui permettent l’accès à l’île.     

Par exemple, une infirmière qui se rend au travail serait autorisée à entrer sur l’île en voiture. Mais quelqu’un qui voudrait visiter un ami devrait rebrousser chemin.     

Selon nos sources, il faudrait 270 policiers pour bloquer les accès.      


4. CONFINEMENT TOTAL DE L’ÎLE  

Un tel scénario a très peu de chance de voir le jour et serait difficile à mettre en place.     

Il signifierait que plus personne ne peut entrer et sortir de l’île, pas même les travailleurs des services essentiels.     

Cela impliquerait de loger temporairement à Montréal des travailleurs essentiels, comme les policiers et les pompiers.     

Or, 80 % des policiers et pompiers montréalais habitent à l’extérieur de l’île, selon des données de 2010.     

Le confinement total impliquerait donc de loger temporairement sur l’île de nombreux travailleurs.     

Selon nos informations, il a été question dans les derniers jours de réserver un bloc de 500 chambres d’hôtel pour des policiers et pompiers, en prévision de cette éventualité.     


Si vous avez de l’information sur cette affaire contactez Félix Séguin en toute confidentialité: felix.seguin@protonmail.com et 514-618-6784 (cellulaire, Signal).